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Une stratégie Extraterrestre pour la Terre ?


Dimanche 9 Mai 2010
Dr James Deardoff 1986
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Depuis quelques mois, survitaminée par les moissons prometteuses d’exoplanètes et un changement de mentalité dans l’approche de la recherche de forme de vie dans notre système solaire (Mars, Titan etc..), la thématique du contact extraterrestre revient sur le devant de la scène aussi décomplexée qu’elle le fut durant les années 60-80 dans les revues scientifiques. Voici un article parmi d’autres, (qui suivront dans les mois à venir) qui est parut dans la prestigieuse revue trimestrielle d’astronomie Royale Britannique : « Quarterly Journal of the Royal Astronomical » en 1986. Notons au passage que le thème abordé dans cet article est une conjecture régulièrement développée en science (le Contact avec des extraterrestres) depuis les années 1820 (attribués à Gauss et Littrow [26]) et de manière plus récente un certain engouement à partir de 1959 (Cocconi et Morrison [27]) La Thématique du Contact n'est pas née de l’Ufologie ( elle l'emprunte par recouvrement de domaine) .


Une stratégie Extraterrestre pour la Terre ?

Au cours de ces deux dernières décennies, de nombreuses études  ont mis  en évidence  la haute  probabilité  que  des ethnies ou civilisations extraterrestres très avancées abondent au sein de notre propre galaxie1 2 3 4, sans parler des galaxies voisines ou du  reste de l'univers. En suivant la formule de Drake5,  le nombre des planètes de notre galaxie qui seraient habitées, N, est généralement évalué  à environ 106, ce qui nous donne déjà un ordre de grandeur1. On présume que les extraterrestres auraient sur nous une  avance technologique de seulement quelques milliers ou millions d'années.

 

De nombreux chercheurs en déduisent que le temps nécessaire à n'importe quelle race de ce type pour coloniser toutes les autres planètes habitables de la galaxie n'est que d'environ cent millions d'années ou moins6 7 8, en vertu du fait qu'elle se déplacerait à des vitesses de l'ordre de un pour cent de celle de la lumière,  et  en imaginant qu'il  lui faudrait quelques milliers d'années pour consolider son implantation sur chaque nouvelle planète conquise avant d'en investir une  autre. Même pour une telle migration, si la seule motivation était de fuir  le destin lié à la planète-mère  en quittant la principale séquence, on ne compterait  pas moins de 0,1  N sociétés extraterrestres ayant réalisé ce projet à l'heure actuelle9. C'est pourquoi il devient de plus en plus difficile de soutenir l'hypothèse que notre petit « coin » de galaxie a échappé à l'attention de civilisations extraterrestres avancées. Acceptons  plutôt l'idée qu'elles existent.
 

 Dans le  même temps, on s'est,  bien  sûr, rendu compte qu'aucune présence ou communication extra-terrestre n'avait été à ce jour détectée au radiotélescope ou au moyen d'autres techniques astronomiques10.  Ce fait a souvent  conduit les commentateurs à la conclusion que  l'humain était un phénomène unique dans notre  galaxie en  tant qu'être pensant capable de  réfléchir sur  sa propre  existence et,  techniquement, apte à explorer son  propre système solaire, et même au-delà. Cette  conclusion  a  été étayée par des  études qui démontrent la forte improbabilité que la vie ait pu apparaître : autrement  dit,  les acides aminés nécessaires à la première forme  de vie se seraient,  un beau jour,  organisés de  telle manière qu'à un moment propice ils auraient  produit un agrégat d'enzymes capable de se multiplier10 11  12. Ces raisonnements affirment donc que la  vie sur Terre, humanité comprise, ne serait qu'un formidable coup de chance statistique qui aurait très bien  pu  ne jamais arriver, et pourrait bien, par conséquent, être unique dans son genre.
 

Pourtant, ces deux arguments sur le caractère unique de la vie sont traditionnellement réfutés par le fait que la première apparition de la vie sur Terre a été datée aux alentours de 100 millions d'années  seulement après  la formation  de la planète elle-même. Puisqu'elle n'a donc pas attendu des milliards d'années pour apparaître, on ne voit pas pourquoi la vie serait un événement si rare, surtout si l'on tient compte de la durée astronomique de nos systèmes planétaires. Cette simple constatation a amené les scientifiques à une autre conclusion qui  dit qu'une espèce de  système moléculaire primitif et reproductible, de beaucoup plus simple que tout ce que nous pouvons imaginer  aujourd'hui,  peut  se  développer à  partir d'acides aminés et démarrer le  processus de la vie, ou bien que d'une certaine manière,  la  vie est  ensemencée sur de jeunes planètes par des intelligences  extraterrestres.  Cette dernière hypothèse, bien évidemment, impliquerait que, dans le passé, il y ait eu sur Terre des extraterrestres colonisateurs, ce qui sous-entendrait qu'ils existent bel et bien.
 

En poussant  encore le raisonnement  dans  ce  sens, nous sommes obligés d'évoquer l'argument de type copernicien qui veut que toutes les anciennes  croyances selon  lesquelles l'humanité occuperait le centre  de l'univers se sont un jour révélées complètement fausses. Ces croyances étaient fondées sur une vision  de la Terre plate, avec « nous » dessus, et les planètes, soleil  et étoiles formant un ballet autour de nous, la Voie lactée étant la seule galaxie, ou du moins  la galaxie  centrale plutôt qu'une galaxie  typique appartenant  à un groupe de galaxies, elles-mêmes reliées à un super système astronomique.  D'autres arguments soutenant indirectement la théorie sur l'existence de multiples civilisations  extraterrestres au sein de la galaxie proviennent de récentes observations effectuées sur des nébuleuses protoplanétaires  entourant de jeunes planètes13, soutenant ainsi l'idée de l'ubiquité des systèmes planétaires des étoiles.
 

Ces  arguments n'ont pas manqué de  soulever des  débats dans le style « Mais où sont-ils ?10 » ou bien « Pourquoi  ne les  a-t-on  pas encore rencontrés ? » Plutôt  que de  rester indéfiniment sans réponse, les chercheurs se sont davantage attachés à étudier les hypothèses sur les extra-terrestres, qui pourraient justement expliquer notre échec apparent  au niveau  du contact ou de la collaboration avec eux.
 

 La première de ces hypothèses envisage la Terre comme une sorte de zoo maintenu en activité par les extraterrestres, comme nous le faisons nous-mêmes pour les réserves naturelles, animalières et de  vie sauvage14.  Mais pourquoi des extraterrestres évolués auraient-ils à notre  égard ces  attentions et cette  bienveillance ? C'est la question à laquelle se sont efforcés de répondre Newman et Sagan15, qui ont alors suggéré l'idée  que des forces universelles feraient obstacle à tout impérialisme cosmique,  et  peut-être  même un  Codex galactica  qui  servirait  à  éduquer les jeunes sociétés afin qu'elles apprennent à  se conduire  correctement.  Sagan et Newman16 ajoutent que des civilisations  avancées, possédant un  long passé historique, ont    apprendre comment se comporter de manière positive et bienfaisante, comment traiter  avec délicatesse une société adolescente.
 

Harrison17 reprit ces  thèses et  les développa en proposant l'idée qu'une loi  « biogalactique » existerait  naturellement là où  des formes  de vie intelligente, dont l'agressivité apparaîtrait comme destructrice, chercheraient à s'étendre au sein du système  solaire qui les a vues  naître : ces  formes de  vie seraient alors  arrêtées dans leur  élan de colonisation  galactique.  Selon la conclusion  d’Harrison, nous n'avons pas encore repéré de civilisation avancée dans la galaxie parce que le processus de sélection a mis en place une sorte d'embargo sur les contacts directs avec toute civilisation encore reliée de façon primaire à la planète. Cet  embargo serait tel que « les civilisations ne doivent pas être encouragées ou aidées à quitter  leur planète prématurément. Auparavant, elles doivent faire la preuve  de leur aptitude à se mêler aux autres  (créatures d'autres  planètes), et pour  cela il n'existe pas de meilleure démonstration d'immaturité que l'autodestruction ».
 

 Papagiannis18 s'exprime un peu différemment :
 

«  Les limites de la croissance deviendront la contrainte par excellence qui déterminera la sélection naturelle de ces civilisations. Celles  qui parviendront  à dominer  leurs tendances innées à poursuivre indéfiniment la croissance matérielle et à les remplacer par des objectifs non matériels, celles-là seront les seules à survivre à la crise. Le résultat sera que toute la galaxie, dans un temps cosmiquement très court, sera peuplée de civilisations stables, hautement éthiques et spirituelles.»
 

Autre argument en faveur de civilisations extraterrestres avancées, pleines de bienveillance,  ou hautement éthiques, pour expliquer notre existence actuelle préservée... Pourtant, il existe  différentes variations sur ces thèmes et leurs  conséquences, qui méritent qu'on s'y attarde. Par exemple, on note une vision  plus large  de ladite « bienveillance » et de  la manière dont  les extraterrestres pourraient communiquer avec nous, s'ils considéraient que nous fussions à la veille de mériter un tel contact.  Le propos de cet article est en effet d'explorer quelques-unes de ces  considérations  afin de trouver une logique à une éventuelle stratégie extraterrestre.
 


QUALITÉ DE LA « BIENVEILLANCE » EXTRATERRESTRE

Une stratégie Extraterrestre pour la Terre ?

On devrait s'attendre de  la part d'extraterrestres  à une bienveillance  de haut niveau  si l'on considère le nombre faramineux  de civilisations avancées censées exister,  les énormes différences probables de leurs formes et de leurs cultures, les  degrés infiniment variables d'évolution que cela implique, et l'immense difficulté  ou  effort que toute collectivité de  civilisations  de  cet ordre ne peut manquer de rencontrer pour faire régner l'ordre dans une galaxie et en éliminer les manifestations qui se  révéleraient agressives. De plus, ce  qui serait jugé « agressif » ne serait  pas  toujours  aisé à déterminer : deux factions adverses appartenant à une même planète  peuvent  très bien ne pas complètement  s'anéantir, l'une survivant et reconstruisant une société sur une autre planète proche du même système. Ce groupe survivant aurait-il suffisamment pris la leçon de son expérience pour être jugé désormais non agressif et éviter des représailles de la part de civilisations technologiquement  supérieures ? Et quels autres scénarios pourrait-on envisager ?
 

Ainsi donc, quelques petites fractions de ces civilisations de la  galaxie pourraient très bien  être  considérées par nous comme hostiles, mais elles seraient tenues en échec par une ou plusieurs autres civilisations plus généreuses qui, pour telle où telle raison, manifesteraient quelque intérêt envers la planète Terre ou ses habitants. Une de ces raisons pourrait être que l’Homo sapiens ressemble fort à leur propre forme de vie, ou bien à la forme de vie que ces extraterrestres avaient alors qu'ils  en  étaient au  même stade d'évolution que nous aujourd'hui. Une autre pourrait être que ces extraterrestres, ou leurs ancêtres, se sont servis,  un jour, de  la Terre et des autres  planètes de notre système solaire, et ce bien avant que l'humanité n'y fit son apparition,  selon les lois hypothétiques d'embargo que nous avons déjà évoquées. Ou bien peut-être parce que ces civilisations ont elles-mêmes été aidées de cette manière  au début de  leur histoire, alors qu'elles commençaient  à  développer une technologie spatiale, elles se sentiraient  dans l'obligation  d'aider à leur tour  une autre race moins  évoluée qu'elles. Il est difficile, bien sûr, d'imaginer ce que  pourraient être les  motivations d'un  maternage de  la Terre par une civilisation aussi, ou beaucoup plus, avancée technologiquement que nous, un peu comme nous le sommes nous-mêmes par comparaison avec l'état des sciences et des techniques il y a cinq cents ans, par exemple.


QUELQUES HYPOTHÈSES SUR LA COMMUNICATION EXTRATERRESTRE

Comme Bracewell19 l'a fait remarquer, si les extraterrestres communiquaient  avec  nous depuis l'espace grâce aux ondes radio, ou par l'intermédiaire d'une sonde émettrice qui couvrirait le globe tout entier d'un réseau, il  ne fait aucun doute que des essais assidus et patients seraient aussitôt effectués sur ordre du ministère de la  Sécurité  nationale du pays, qui détecteraient ces messages afin de les garder secrets.  Il serait naïf  de raisonner autrement. Pourquoi  le secret ? Comme toujours, dans l'espoir de  tirer de cette situation,  grâce à l'originalité présumée  des informations ainsi  captées, des avantages militaires et économiques sur les autres nations, et principalement les nations ennemies. Même si la détection  de messages venus de l'espace était réalisée par  des  groupes  de recherche indépendants de toute instance gouvernementale et annoncée au monde entier immédiatement par les médias, le gouvernement concerné pourrait aisément démentir les faits comme une  erreur ou une  plaisanterie dès  le lendemain et refermer ainsi l'étau du secret sur toute cette opération. Si cette tactique ne fonctionnait pas, la lourde censure d'État prendrait le  relais et la loi  du silence (la non-information) s'installerait partout inexorablement. Bracewell tenait le raisonnement suivant : les extraterrestres sauraient anticiper ce genre de réaction, et feraient en sorte que les communications parviennent tout de même aux peuples de toutes les nations.
 

A mon avis, cependant, ceci obligerait les extraterrestres à employer des moyens d'action complètement différents pour éviter d'interférer  de façon violente ou  trop vaste dans les affaires humaines, ce qui  reviendrait à violer l'hypothétique embargo.
 

On pourrait dire aussi  que l'utilisation par les extraterrestres d'une méthode différente résulterait de notre échec à capter toute communication venue d'ailleurs, que ce soit avec le programme  SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence : Recherche d'intelligence extraterrestre) ou tout autre projet d'écoute spatiale durant les dix ou quinze dernières années. Zuckerman9, par exemple, pense que dans une  galaxie pratiquement saturée d'extraterrestres, notre capacité à capter un message quelconque venant de l'espace doit, en fait, signifier que les  extraterrestres se servent  de techniques supérieures  à  celles  des  ondes électromagnétiques. Pourtant, Si l'on s'en tient aux arguments précédents, il est peu probable qu’on ne soit jamais informé si, effectivement, le contact a vraiment déjà eu lieu. En outre, si un programme comme SETI devait immanquablement réussir, ce  « succès »  pourrait se révéler un désastre pour les raisons que nous allons aborder plus loin.
 

Autre scénario  possible : la mission  des  extraterrestres consisterait  essentiellement  à apparaître  ou à déployer  de grandioses démonstrations de force  simultanément dans toutes les capitales des principaux gouvernements mondiaux, pour, seulement ensuite, commencer à communiquer. Mais, même si les extraterrestres pouvaient réaliser cette mise en scène, son éventualité serait immédiatement rejetée à cause des  conséquences  catastrophiques possibles  au niveau  de l'éthique, conséquences  qu'une civilisation  extraterrestre avancée serait parfaitement à même  de prévoir. (Depuis le début de ce chapitre, il est bien entendu que nous présumons, de la part des extraterrestres, une bienveillance et une déontologie de haut niveau.) Une réaction d'hystérie collective  du même type que celle qui suivit, en 1938, le programme radiophonique d'Orson Welles The Invasion from Mars [28] (Les Martiens attaquent) et qui secoua toute  l'Amérique, ne  devrait pas, en principe, se reproduire aujourd'hui, grâce au développement de  la culture populaire  depuis  une vingtaine d'années, que ce soit en matière de films de science-fiction ou de programmes vidéo « intergalactiques ».

 

 Les extraterrestres,  avec leur éthique très évoluée, sauraient certainement éviter que se produise ce genre de scénario-catastrophe si d'autres voies étaient possibles,  même si leurs vaisseaux spatiaux devaient être, ici ou là (ce qui semble inévitable), détruits par les  hommes, entraînant du  même coup l'éventualité d'actions de représailles.
 

 Même une prise de conscience progressive de la population concernant la réalité de l'existence extraterrestre et la possibilité d'une intervention,  resterait, pour une période d'au moins plusieurs mois, une révélation traumatisante qui pourrait entraîner un  véritable  chaos  économique  et le renversement des gouvernements. Les  conséquences  religieuses, à elles  seules,  pourraient prendre des proportions  inimaginables : des masses d'individus commenceraient à remettre en question les fondements de leurs propres croyances si l'existence des extraterrestres était confirmée. Le fait est que toute religion,  fondée sur le culte ou l'adoration d'une  figure humaine,  perdrait sa validité et  son universalité par la seule révélation qu'il existe des êtres appartenant à d'autres mondes et ayant une histoire datant de plusieurs milliers ou millions d'années ; ces êtres auraient même peut-être des enseignements religieux ou spirituels à faire partager. C'est pourquoi des extraterrestres bienveillants sont ce que  nous  espérons pour éviter toute brutalité dans ces révélations qui,  à coup sûr,  changeront la face du monde.
 

 Au nom de la méthode de l'élimination, on est amené à imaginer comme probable que des  communications extraterrestres avec la Terre iraient en progressant au cours d'une très longue période, comme par exemple deux ou trois générations, et d'une manière prévue pour atteindre d'abord les gens dont le système de valeurs est apte à recevoir le message que les extraterrestres sont prêts à délivrer. En même temps, les communications seraient effectuées de  telle  sorte  que les gouvernements ne  pourraient pas en avoir connaissance ou faire main basse dessus pour les raisons exposées  plus haut.
 

Cela voudrait dire que la communauté scientifique dans son ensemble serait également exclue de la fête ; sinon, il est bien évident que l'information finirait par transpirer et siffler aux oreilles des gouvernants. Ce système  sélectif de communication respecterait le toujours hypothétique embargo de la Terre aussi  longtemps qu'il  n'y aurait pas d'interférence avec les actions des dirigeants ou des  communautés  scientifiques.
 

Même si l'on n'est pas absolument sûr qu'il puisse seulement exister un tel type de communication, une possibilité  est à présent proposée à nos lecteurs.


UN PLAN DE COMMUNICATION EXTRATERRESTRE COMPATIBLE AVEC L'EMBARGO

En supposant que la race extraterrestre  ait étudié, à notre insu, la société humaine pendant un temps  considérable et ait saisi en  profondeur les ressorts de  notre psychologie,  une possibilité nouvelle peut être envisagée : Les communications extraterrestres pourraient être conçues de telle sorte qu'elles soient facilement accessibles au grand public, mais parfaitement inacceptables ou inimaginables pour les scientifiques.
 

Les organismes d'Etat, sur l'avis des scientifiques, n'entreprendraient alors aucune action, et l'embargo resterait plus au moins total. La prise de conscience de ce qui serait en train de se mettre en place ne progresserait que très lentement — pas plus vite que ce dont l'humain  aura  intrinsèquement besoin pour  se  préparer  à accepter les messages venant d'intelligences extraterrestres. De cette façon, l'intelligence extraterrestre,  de son côté, n'a pas  la nécessité de prendre des décisions hâtives concernant le moment propice ou la possibilité pour l'humanité de se préparer à recevoir leurs communications. Plus de souci non plus pour savoir si les gouvernements seront fiables, au point de laisser passer fidèlement les messages auprès  des  populations. Comme il n'y aurait pas d'ingérence extraterrestre dans les affaires humaines, tous les gouvernements resteraient libres de provoquer un holocauste nucléaire quand ils le voudraient, ce qui serait la réponse la plus immédiate à la question de savoir si, oui ou non, l'humanité est éthiquement prête à entrer dans le nouvel âge « cosmique ».
 

Ce type de scénario sur la stratégie extraterrestre imaginée implique que la  communication s'effectue  en  direction de quelques rares récipiendaires dispersés à travers le monde. Un contacté recevrait des  messages compréhensibles  sur  une longue  période,  de sorte qu'il, ou  elle,  pourrait  en saisir pleinement  tout le sens, et  serait capable de rassembler un grand nombre de preuves de la réalité de ces événements afin de devenir crédible auprès du public. Mais pour que rien ne vienne malencontreusement  mettre  la puce à l'oreille des scientifiques en général, seul le contacté  serait autorisé à participer aux séances de communication et de rencontres avec les extraterrestres eux-mêmes.
 

 De plus, les messages devraient contenir de vagues descriptions de réalisations technologiques extraterrestres  qui seraient perçues comme des contes  de fées ou  de science-fiction. Ils devraient même contenir quelques bonnes grosses absurdités qui, en l'absence  de toute instruction  détaillant le fonctionnement de certaines inventions techniques hypersophistiquées, ne manqueraient pas de faire  sourire tout scientifique  qui aurait eu vent de ces messages et qui n'y verrait plus alors que des divagations romanesques. La preuve de tous ces contacts  serait  également rejetée par ce  qu'on appelle  l'« esprit  scientifique » et qui exige, pour admettre définitivement une réalité, que l'expérience soit renouvelable, systématiquement, pareille  à elle-même  et à  volonté,  ou encore qu'elle ait été dûment observée par des chercheurs officiels  et  reconnus. Entre-temps,  les messages  seraient publiés, traduits dans toutes les langues et divulgués à travers le monde parmi d'autres textes de la littérature ésotérique. Un grand nombre d'éditeurs se sont déjà spécialisés dans ce genre d'ouvrages.
 

En suivant le raisonnement de Papagiannis, les messages seraient censés véhiculer des enseignements spirituels, ou du moins éthiques, qui pourraient,  par la  suite, décourager la curiosité fouineuse des scientifiques. Et si cela  n'était  pas suffisant pour prévenir toute acceptation scientifique prématurée, l'existence de communications similaires, qui se révéleraient être des canulars, viendrait tout naturellement rendre la situation extrêmement confuse. Et cela pousserait davantage encore les scientifiques à ne pas s'intéresser à la question.
 

 Le problème reste celui de  savoir comment cette  fraction du grand public qui lira les ouvrages ciblés pourra les identifier comme des messages extraterrestres et les distinguer des éventuelles supercheries ;  à cet égard, les  cultes pourraient bien apparaître comme une partie de la  solution plutôt  que comme un problème. Le fait est que surmonter cette difficulté exigerait une longue période de transition pour que s'élabore l'acceptation des communications  extraterrestres, minimisant ainsi toute panique populaire ou révolution religieuse, et solliciterait du  même coup l'esprit  de logique humain pour déterminer si tel message  est vrai ou faux. Il se peut que ces qualités — une pensée indépendante chez le maximum de peuples possible et la déduction  que notre niveau technologique est très nettement inférieur à celui des extraterrestres— soient des conditions  sine qua  non  pour que les  extraterrestres lèvent enfin l'embargo. Une autre exigence pourrait être aussi que nous ayons atteint un niveau de compréhension tel que nous ne traitions pas les  extraterrestres comme des dieux mais respectueusement, comme des créatures sœurs qui ont simplement quelques milliers d'années d'avance sur nous.
 

 C'en serait alors fini de l'embargo contre la Terre : il  aurait été institué pour faire obstacle aux scientifiques et aux gouvernements, tandis que les populations avaient graduellement accès à la connaissance.


CONCLUSION

La possibilité que nous venons d'exposer, avec ses conditions préalables, semblerait exiger que les groupes extraterrestres chargés de cette mission aient maintenu une étroite surveillance sur notre monde durant une très longue période, et soient  également capables de prendre  contact avec  des récipiendaires.  Pour que toute cette aventure se soit passée dans notre dos jusqu'à maintenant, il fallait à coup  sûr une technologie si avancée qu'on pourrait  la qualifier de magique ou  d'occulte. Mais  Sagan20  a bien fait remarquer que  des événements  d'ordre magique devraient se produire si les extraterrestres  sont véritablement en  avance de plusieurs milliers d'années, ou davantage, sur nous.  En fait, l'absence même de toute description  de réalisation magique  au sein d'un supposé message  extraterrestre pourrait être interprétée comme une farce dont l'auteur manquerait  de la plus élémentaire imagination. Ainsi, il deviendrait extrêmement difficile de distinguer le  vrai message extraterrestre des  licences romanesques de tout poil. Il faudrait très soigneusement passer au crible les preuves avancées par les récipiendaires, en essayant d'en juger les mérites sans faire appel à ce qui est raisonnable  ou non dans  les descriptions magiques  des communications selon les  critères du  moment.
 

Les mêmes méthodes de surveillance au moyen d'une technologie avancée  pourraient  être nécessaires  aux  extraterrestres afin de juger du niveau de compréhension et d'acceptation de leurs messages parmi les peuples.
 

Un exemple  souvent cité  est celui de  nos connaissances actuelles qui paraîtraient de la pure magie à toute personne vivant cinq cent ans, ou seulement cents ans, en arrière : c'est le  cas de  la télévision et  de la propagation  de ses  signaux invisibles à travers l'espace. Un autre exemple, mais cette fois de l'incertitude scientifique actuelle, est le fabuleux bond en avant, quasi magique, des connaissances  depuis trente ou cinquante ans,  qui  reposent sur  les résultats de certaines expériences  sur la collision des particules à haute énergie, et qui furent menées  en 1984 au  cœur  de l'accélérateur de particules du CERN. La meilleure théorie pour expliquer ces phénomènes observés semble faire appel à l'existence d'une «super-matière » qui aurait six ou sept nouvelles dimensions spatiales 21 22 23  24.
 

Comme l'apparent embargo indiquerait que les extraterrestres ménagent considérablement la race humaine, il serait intéressant de vérifier si les chiffres tiennent le même langage. Étant donné N civilisations avancées dans la galaxie,  supposons que seule une fraction r conserve quelque intérêt à faire évoluer les autres civilisations dont la Terre ferait partie. Si la fréquence  de civilisations nouvelles apparaissant dans la galaxie est /, et la période d'émergence est T, alors le nombre n  de civilisations extraterrestres en train d'observer  chaque civilisation naissante pendant sa période d'éclosion et  de développement  est :
 

                      n = r N / (fT)
 

 Une estimation  traditionnelle pour N est 105, et pour r 0,1 %. L'estimation  pour/est  1 tous  les 10 ans (1,25), et elle est indépendante de la longévité supposée de la civilisation extraterrestre en question. On évalue T à  100 ans, comme par exemple  entre 1950 et 2050 pour  nous.  La formule donne :
 

                     n = 10
 

Ce qui suggère l'idée que d'immenses civilisations extraterrestres existent,  suffisamment mobiles pour nous surveiller et maintenir un embargo partiel sur notre race en plein devenir.
 

En réalité, la fraction r peut varier jusqu'à ce que n ait atteint sa valeur optimale. Ce qui revient à ce que, pour r optimum, l'ancienne fraction  1-r puisse conclure que le processus d'émergence de telle ou telle civilisation s'effectue dans  de bonnes conditions  et qu'elle peut partir sur d'autres missions.
 

Cette hypothétique vision de la stratégie extraterrestre à l'égard de la Terre exclut l'idée qu'une intelligence bienveillante puisse ne jamais être la cause d’un chaos social consécutif à la révélation de sa présence, ou à l'ignorance du fait que ses messages  envoyés  sur des fréquences électromagnétiques pourraient  être confisqués par des gouvernements et gardés secrets pour des questions de sécurité nationale. Cette vision des choses sous-entend une autre réalité possible, à savoir que la réception des communications extraterrestres sur Terre se trouverait sous le contrôle des extraterrestres eux-mêmes.


Notes et Références

   1. Sagan, C. (Éd.). Communication with Extraterrestrial Intelligence (CETI) 
 

MIT Press, 1973.
 

   2. Oliver, B.M. Icarus, n° 125, 1985, pages 360-367.
 

   3. Freeman,  J. & Lampton, M. Icarus, n°25, 1975, pages 368-369.
 

   4. Field, G.B., Verschur, J.L. & Ponnamperuma, C. Cosmic Evolution : an Introduction to Astronomy, Houghton Mifflin Ed., Boston,  1978.
 

   5. Drake, F.D. Conférence à l'Académie des Sciences des  États-Unis  portant  sur  « La  vie  intelligente  extra-terrestre »,novembre 1961, à Green Bank, Virginie.
 

   6. Jones, E.M. Icarus, n° 28, 1976, pages 421-422.
 

   7. Jones, E.M. Icarus, n°46, 1981, pages 328-336.
 

   8. Walters, C, Hoover, R.A. & Kotra, R.K. Icarus, n°41,  1980, pages 193-197.
 

   9. Zuckerman, B.  Quarterly Journal of the  Royal Astronomical Society .n°26, 1985, pages 56-59.
 

   10. Hart, M.H. Extraterrestrials, « Where Are They ? »,  1982, pages 154-165, Pergamon Press, New York.
 

   11. Hoyle, F. Ann. Rev. Astr. Astrophys. , n° 20, 1982, pages 1-35.
 

   12. Blum, H.F., Nature, n° 206, 1965, pages 131-132.
 

   13. Neugebauer, G., Beichman, C.A., Soifer, B.T., etc. Science,n°224,  1984, pages 14-21.
 

   14. Bail, J.A., Icarus, n° 19, 1973, pages 347-349.
 

   15. Newman, W.I. & Sagan, C. Icarus, n°46, 1981, pages 293-327.
 

   16. Sagan, C, & Newman, W.I. Quarterly Journal..., n° 24, 1983,pages 113-121.
 

   17. Harrison, E.R. Cosmology (Cosmologie), Cambridge University Press, New York, 1981.
 

   18. Papagiannis, M.D.  Quarterly Journal...,  n° 25,  1984, pages 309-318.
 

   19. Bracewell, R.N. The Galactic  Club: Intelligence Life  in Outer Space, Stanford Alumni Association, 1975.
 

  20. Sagan, C. Icarus, n° 19, 1973, pages  350-352.
 

  21. Thomsen, D.E. Science News   126, 1984, page 292.
 

  22. Davies, P. Superforce : the Search for a Grand Unified Theory of Nature , Simon & Schuster Ed., New York 1984.

  23. Green, M. B. Nature, n° 314, 1985, pages 409-414.

  24. Freedman, D.Z. & Van Nieuwenhuizen, P. Scientific American, n° 252, 1985, pages 74-81.
 

  25. Shklovskii, I.S. & Sagan, C. Intelligent Life in the Universe , Holden-Day Ed.,  San Francisco,1966.


Source:

Quaterly Journal of the Royal Astronomical Society, N° 27, 1986, Page 94-101

NDLR

26 - Perelman, "voyages interplanétaires" 6ème édition, Moscou, Editions techniques d'état , 1929
27 - Cocconi, Morrison, "Searching for interstellar communication", Nature, N°184, Pages 844-846, 1959
28 - Au sujet de cette pseudo panique lire  Pierre Lagrange,   " La Guerre des Mondes n'aura pas lieu"




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