Accueil  >  Forum  >  FORUMS



 Amra
Jeudi 24 Avril 2008

Merci pour toutes ces précisions ;-)

Je parle en prenant en compte des éléments que j'ai entendus dans des documentaires (voire dans certains cours d'histoire du cursus secondaire (= lycée)) mais il y a toujours quelques points qui m'échappent ou des choses sur lesquelles il est difficile d'être bien renseigné sans avoir une bonne base bibliographique (et il est parfois difficile de savoir quels ouvrages sont les bons lorsque l'on manque de références).

Ce que je dis par rapport à l'Allemagne et à ses frontières n'est cependant pas tout à fait invalidé pour autant. Bien sûr, ne pas envahir la Pologne après avoir évoqué la nécessité d'un espace vital à l'est aurait nui à la crédibilité d'Hitler, mais si je me rappelle bien... c'est l'invasion de ce pays qui déclenche les hostilités avec la France et l'Angleterre, garants de son intégrité.

Les Allemands auraient sans doute pu continuer à mener leur politique d'extermination en 'interne' pendant des années sans être inquiétés. Je n'ai qu'une vague idée des mentalités politiques de l'époque, mais l'immobilisme de la SDN et le manque de pressions sérieuses sur l'Allemagne (entendez par là : menaces directes) me semblent assez voisins de ce que l'on voit aujourd'hui dans nos organisations internationales. L'ONU n'a aucun pouvoir sur les grandes puissances - que ce soit du côté Est ou Ouest - et les fausses démocraties (Chine) comme les dictatures ouvertes (Corée du Nord) peuvent faire à peu près ce qu'elles veulent. Tout au plus leur adresse-t-on de temps à autres une petite remontrance.

La Chine n'est pas dérangée parce que personne n'ose la déranger et la Corée du Nord n'est pas dérangée parce qu'elle ne dérange personne. Les camps de concentration nord-coréens tuent des dizaines de milliers de personnes chaque année (à la manière des camps nazis, par le travail, les maltraitances ou au cours d'expériences 'scientifiques') mais la RDP sait se tenir à peu près tranquille. En dehors des accrochages ponctuels avec le Sud, elle ne fait peur à personne.

Si l'Allemagne s'était contentée de jouer sa petite tragédie en huis clos, qui peut dire avec certitude ce qui se serait passé ? Est-ce que les démocraties européennes auraient attaqué des nazis 'dociles' ? La plupart du temps, un ennemi calme est bien toléré tant qu'il reste calme. On finit par considérer qu'envoyer des milliers d'hommes à la mort pour le renverser n'est plus une priorité (sauf quand on s'appelle Bush... et encore, en provoquant une psychose pour le justifier).

D'un autre côté, que se serait-il passé si le scénario de la guerre avait été différent ?

Si les soviétiques avaient pris l'initiative, l'affrontement Est-Ouest aurait peut-être eu lieu pour de bon et de façon beaucoup plus directe que dans les années 60-70. Imaginer une armée communiste réorganisée, nombreuse et ré-équipée fondre sur une Europe divisée (sur la question Allemande, par exemple)... ça fait tout de même un peu peur.

C'est d'ailleurs l'anti-bolchévisme et la crainte de voir se réaliser cette hypothèse qui a motivé de nombreux volontaires étrangers.


Enfin, je tiens à souligner que je considère plus dystopique qu'utopique l'idée d'une Allemagne nazie version années 2000 ;-)