Un coup de pioche d'un ouvrier a coupé net la partie supérieure d'une céramique enfouie sous la terre végétale. De la céramique éventrée sont tombés plus de 40 kg de pièces ! "J'en ai eu le souffle coupé", témoigne Christian Piozzoli, chargé de l'Essonne au service régional de l'archéologie, arrivé en urgence sur les lieux.
L'Inrap, lors d'observations complémentaires, s'est rendu compte qu'une seconde céramique, intacte, se trouvait à proximité et renfermait un poids équivalent de monnaies. Les pièces de cuivre, frappées du portrait des empereurs Victorinus (269-270 apr. J.-C.) et Tétricus (270-274 apr. J.-C.) datent principalement de l'empire Gaulois. Leur enfouissement remonterait à 280-283 apr. J.-C., une période "assez difficile, de fin d'invasion", note M. Foucray. Qu'adviendra-t-il de ce "trésor de sécurité" promis à de longues années de nettoyage et d'études ? Juridiquement, il appartient à part égale au propriétaire du pavillon et à l'ouvrier qui l'a découvert. Mais "le bon sens veut qu'il devienne un objet de collection publique", selon M. Foucray, qui envisage la possibilité d'une préemption avec indemnisation.
Un trésor du IIIe siècle découvert début novembre dans l'Essonne, AFP
Il s'agit de l'un des plus gros trésors, pesant entre 80 et 100kg, retrouvés à ce jour en France, a expliqué lors d'un point presse à Evry Bruno Foucray, conservateur régional de l'archéologie, qui a qualifié cette découverte "d'exceptionnelle", notamment par son volume.
Selon les première analyses, les trois quarts des monnaies représentent les derniers empereurs de l'emprire gaulois (Victorien et Tétricus Ier, 269-274).
Un quart des monnaies représentent les empereurs régnant à Rome (Gallien et Claude II). D'autres enfin sont des imitations de Divo et Claudio.
Constituées quasi-exclusivement de cuivre, toutes ces pièces ne contiennent que 0,3 à 0,4% d'argent, et ont été frappées à Cologne.
Le trésor a probablement été enterré en pleine nature entre 280 et 283. Il s'agit a priori d'un "trésor de sécurité", plutôt que d'un trésor de guerre, a précisé M. Foucray, qui évoque une période "assez difficile, de fin d'invasion".
Les monnaies ont été retrouvées dans deux jarres en céramique par des ouvriers qui travaillaient sur un talus.
Selon la législation en vigueur, la moitié de la valeur du trésor revient au découvreur, l'autre au propriétaire du terrain. L'état dispose de cinq ans pour faire un travail d'étude et de décider du devenir du trésor, qui peut faire l'objet d'une préemption, avec une indemnisation. Sa valeur est estimée à "quelques dizaines de milliers d'euros", selon M. Foucray.
Une précédente découverte comparable avait pas été faite en 1890 à Evreux (Eure). Il s'agissait alors d'un trésor militaire, de 340 kg de monnaies.

Un trésor du IIIe siècle trouvé dans un pavillon de banlieue





































