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Rennes le chateau

Trésor de Rennes-le-Château :huit milliards dans une tombe


Mercredi 19 Décembre 2007
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Historique est le trésor de Rennes-le-Château, petit bourg de France dans les monts des Corbières, à soixante kilomètres au sud de Carcassonne.
Son église et ses quelques maisons sont perchées sur un piton rocheux auquel on accède par une rampe sévère de cinq mauvais kilomètres.
Il a presque fallu un miracle pour qu'un trésor soit caché en ce bout de monde où les autos ne grimpent qu'à grand-peine, sans guère pouvoir se croiser en cours de route.


Pourtant, il y a un trésor à Rennes-le-Château, un authentique trésor puisqu'il fut trouvé il y a un demi-siècle par le curé Béranger Saunière, qui après l'avoir entamé — oh ! à peine sans doute —, le légua à sa servante-maîtresse, la jolie Marie Denarnaud, laquelle le légua à son tour à M. Noël Corbu.
Mais l'héritage de Marie Denarnaud fut incomplet puisqu'elle mourut sans avoir eu le temps de révéler la cachette.
Depuis, M. Corbu détecte, pioche, creuse, sonde, dans l'espoir de mettre au jour les pièces d'or, d'argent, les bijoux et les pierres précieuses du trésor évalué à huit milliards, et que des historiens sérieux pensent être le trésor de la France du XIIIe siècle.
Trésor de Rennes-le-Château :huit milliards dans une tombe

Jadis, il y a sept cents ans, dit Noël Corbu, il y avait à Rennes une ville de trois mille âmes et une ceinture de remparts dont on retrouve encore des ruines.
En cherchant le trésor j'ai découvert des monnaies anciennes, des poteries, des armes et les squelettes qui équipent mon petit musée.
Selon des historiens de Carcassonne, la genèse du trésor remonterait à février 1250. A cette date la révolte des pastoureaux déclenchée dans le Nord de la France par le mystérieux « Maître de la Hongrie », battait son plein et la vague des serfs et des gueux déferlait vers le midi.
Blanche de Castille, régente de France, vint à Rennes-le-Château — que l'on appelait alors Rhedae — pour y mettre à l'abri, dans la puissante citadelle, le trésor de la France que menaçaient à la fois les pastoureaux et les sourdes cabales de la noblesse. Notez, en passant, que la citadelle de Rhedae passait pour imprenable et se situait sur la route d'Espagne, où Blanche de Castille savait pouvoir trouver refuge en cas de danger.
Elle fit déposer le trésor dans la salle souterraine du donjon. Du moins on le pense.
Certes, on s'explique mal que le trésor soit demeuré intact si longtemps, surtout durant l'année 1251 au cours de laquelle saint Louis aurait eu tant besoin de subsides que ne pouvait lui envoyer sa mère.

Bref, M. Corbu pense que ce trésor constituait une réserve où l'on ne devait puiser qu'en cas de péril urgent.
Blanche de Castille mourut en 1252 après avoir révélé le secret à saint Louis qui le confia à son fils Philippe le Hardi.
Ce dernier mourut à Perpignan sans avoir eu le temps de dire à Philippe le Bel le secret de Rhedae.
En 1645, on reconstruit Rhedae qui devient Rennes-le-Château ; l'antique forteresse, légèrement déplacée, s'érigeait à l'emplacement de l'actuelle propriété de M. Corbu.
C'est alors que commence la véritable histoire du trésor perdu et trouvé.
Trouvé d'abord au XVIIe siècle par un berger du nom d'Ignace Paris, qui ayant égaré une de ses brebis, l'entendit bêler au fond d'une crevasse où il descendit.
Mais la brebis, apeurée par l'irruption du berger, s'enfuit par une galerie.
Toujours à sa poursuite, Ignace Paris déboucha dans une crypte « remplie de squelettes et de coffres », les premiers effrayants, les seconds au contraire pleins d'attraits.

Il remplit ses poches de pièces d'or, s'enfuit épouvanté après coup, et rentra chez lui.
Sa subite fortune fut vite sue de tout le village, mais Ignace eut la maladresse de ne pas vouloir en révéler l'origine, et accusé de vol il fut tué sans avoir pu divulguer le secret de la crypte.
Y eut-il éboulement à l'entrée du souterrain ? On ne sait, mais jusqu'en 1892 il ne fut plus question du trésor dont les parents du berger ne devaient pas connaître l'emplacement.

Un événement fortuit à cette époque, fit entrer en jeu le curé Béranger Saunière.
Il avait obtenu la cure de Rennes en 1885, et fut tout de suite adopté par la famille Denarnaud dont la fille Marie avait dix-huit ans et travaillait comme chapelière au bourg d'Espéranza.
Les Denarnaud, logés à l'étroit, ne tardèrent pas à venir habiter la cure.
En 1892, le curé Béranger jouissait de l'estime certaine de ses paroissiens, tant par son zèle que par sa bonne humeur.
C'est alors qu'il obtint un crédit municipal de deux mille quatre cents francs pour refaire le maître-autel wisigothique et la toiture de son église.
Le maçon Babon de Couiza se mit au travail et un matin à neuf heures, il appela le curé pour lui montrer dans un des piliers de l'autel quatre ou cinq rouleaux de bois, creux et fermés à la cire.
— Je ne sais pas ce que c'est ! dit-il.
Le curé ouvrit l'un des rouleaux et extirpa un parchemin écrit, pense-t-on, en vieux français mêlé de latin, où l'on pouvait à première vue discerner des passages de l'Evangile.
— Bah, dit-il au maçon, ce sont de vieilles paperasses qui datent de la Révolution. Ça n'a aucune valeur !
Babon à midi alla déjeuner à l'auberge, mais une pensée le tracassait, si bien qu'il en fit part autour de lui. Le maire vint aux renseignements ; le curé lui montra un parchemin auquel le brave homme ne comprit goutte et l'affaire en resta là.
Pas tout à fait cependant, car Béranger Saunière prit sur lui d'arrêter les travaux de l'église.
Voici d'après M. Corbu ce qui dut se passer ensuite :

Le curé cherche à déchiffrer les documents ; il reconnaît les versets de l'Evangile et la signature de Blanche de Cas¬tille avec son sceau royal, mais la suite demeure un rébus. Il va donc à Paris en février 1892 consulter quelques linguistes à qui par prudence il ne donne ses documents que par fragments.
Je ne puis pas révéler les sources de mon information [c'est Noël Corbu qui parle] mais puis assurer qu'il s'agissait du trésor de la Couronne de France : dix-huit millions en cinq cent mille pièces d'or, des joyaux, des objets du culte, etc.
Le curé revient à Rennes sans connaître exactement le point de la cachette, mais avec des indications précieuses et suffisantes.
Il cherche dans l'église. Rien !
Marie, pour sa part, est intriguée par une vieille dalle du cimetière portant une inscription bizarre ; c'est la pierre tombale de la comtesse Hautpoul-Blanchefort. Si le trésor était dessous ?
Le curé ferme à clef la porte du cimetière et, aidé de Marie, durant plusieurs jours, se livre à un mystérieux travail. Un soir, ils sont récompensés de leurs efforts et finissent par reconstituer le puzzle, dont les inscriptions de la pierre tombale leur avaient donné les premiers éléments.
Dès cet instant la situation de Marie Denarnaud change à la cure : elle devient la confidente, la collaboratrice.
Je crois savoir qu'il existe six entrées menant à la cachette, dont celle du donjon qui déjà en 1892 avait disparu.
Sur un des parchemins il y a des lignes comptées en toises qui partent du maître-autel. Marie et le curé mesurent avec des ficelles et trouvent un point terminal en un endroit qu'on appelle le « château », terrain vague maintenant ; ils creusent et trouvent le souterrain et la crypte au trésor où jadis le berger Paris avait abouti.
Les pièces d'or, les bijoux, les vaisselles précieuses sont là ternis par une épaisse couche de poussière, mais intacts.
Ils arrêtent un plan : le curé ira en Espagne, en Belgique, en Suisse, en Allemagne changer les pièces, et il expédiera l'argent par la poste, à Couiza au nom de Marie Denarnaud.
C'est ce qu'ils firent non sans danger et difficulté pour rapatrier les capitaux.

Quoi qu'il en soit, en 1893, le curé Saunière est riche, très riche... tellement, qu'à ses frais il commande toutes les réfections de la toiture et de l'église qu'il embellit de façon somptueuse.
Il fait réparer le presbytère, construire le mur d'enceinte du cimetière, édifier un kiosque dans un splendide jardin à rocailles et à jets d'eau.
De plus, il achète de beaux meubles, des robes de grand prix pour Marie ; il fait venir du rhum de la Jamaïque, des singes de l'Afrique, il engraisse ses canards de basse-cour avec des biscuits à la cuillère — pour qu'ils aient la chair plus fine, — élève des chiens d'agrément...
Bref, c'est la grande vie à Rennes-le-Château où l'on tient table ouverte — et quelle table ! — pour toute la gentry des alentours.
Le curé achète des terrains, des maisons, mais au nom de Marie Denarnaud, et la jolie brunette aux yeux mali¬cieux, à la taille fine, devient une véritable châtelaine.
Quand il est en déplacement, le curé lui écrit :
« Ma petite Marinette, que deviennent nos bêtes ?
« Fais une caresse à Faust et à Pomponnet [les chiens], bonne santé aux lapins. Adieu Marie. Ton Béranger... »
A vrai dire, d'autres belles partagent aussi le cœur du milliardaire. On a avancé les noms d'Emma Calvet, de la belle comtesse de B. et de bien d'autres !
Car cette fortune subite a tourné la tête au prêtre et l'a fait sombrer dans la mégalomanie ; il rêve de construire un château ! Mais, prudent malgré tout, il a soin de détruire les indications qui l'ont mené à la crypte ; dans le cimetière, il gratte les inscriptions de la dalle funéraire de la comtesse, et met les parchemins dans la salle aux trésors.
Le maire vient lui faire des reproches au sujet de la tombe saccagée et des richesses dont il dispose, mais le curé rit de ses craintes, lui parle de l'héritage d'un oncle d'Amérique et lui donne cinq mille francs en or.
Le maire reviendra souvent à la charge... pour le même prix !
Mgr Billard, évêque de Carcassonne, s'inquiète lui aussi du comportement de son prêtre, mais là encore, avec de l'argent, de bons vins et de la bonne chère les difficultés sont aplanies.

En 1897, Béranger Saunièrc fait commencer la construc¬tion de la villa Béthania, avec les remparts et la tour qui coûteront la bagatelle d'un million-or ; pour avoir des fleurs à belle année il fait édifier une serre sur le chemin de ronde.
Le successeur de Mgr Billard, Mgr de Beauséjour, vient jouer les trouble-fête : il demande des explications à Béran¬ger, le convoque en Cour de Rome et finalement prononce contre lui l'interdiction.
Un nouveau curé est nommé à Rennes-le-Château, mais Saunière n'en a cure, et dans la chapelle de sa villa continue à dire sa messe qui rassemble d'ailleurs la quasi-totalité des paroissiens si bien que le nouveau venu, écœuré, prend le parti de ne plus faire le rude chemin Couiza-Rennes.
Béranger prépare aussi un nouveau plan d'embellisse¬ment : il veut surélever la tour, construire une route jusqu'à Couiza, acheter une auto, faire l'adduction d'eau dans tout le village ; son devis se monte à huit millions-or (en 1914) soit environ huit milliards de francs légers. Cet argent, le curé l'a en espèces.
Le 5 janvier 1917, il signe des bons de commande, mais une cirrhose du foie l'emporte le 22, avant qu'il ait pu donner corps à son projet
Marie, désolée, dispose le défunt sur la terrasse, assis dans un fauteuil recouvert d'une couverture à pompons rouges et tous les villageois viennent prier et emportent chacun un pompon comme relique du saint homme.
Marie Denarnaud est désormais seule maîtresse de Rennes-le-Château car tout a été mis à son nom, mais elle finit sa vie quasi cloîtrée, ne recevant plus de visites, et il est probable qu'elle ne revint jamais à la crypte au trésor.


Voilà ce que dit Noël Corbu, troisième personnage du roman et héritier de Marie Denarnaud.
M. Corbu connut Marie à la fin de sa vie, de 1946 à 1953, tout à fait par hasard.
Avec sa femme, il prit pension chez elle et sut lui inspirer confiance et amitié.
— Ne vous faites pas de mauvais sang, monsieur Corbu, lui dit-elle un jour. Vous aurez plus d'argent que vous ne pourrez en dépenser !
— D'où le sortirez-vous ? demanda Noël.
— Ah ça... je le dirai quand je mourrai !
Le 18 janvier 1953, elle tomba malade, sombra dans l'incons¬cience et mourut en emportant son secret.
Voilà donc de nouveau le trésor de Blanche de Castille perdu et bien perdu cette fois, semble-t-il !
Mais en fait, rien ne prouve que ce trésor soit celui de la mère de saint Louis. Certains avancent qu'il s'agirait du trésor d'Alaric dont la capitale était Rennes-le-Château ; d'autres, et c'est plus vraisemblable, penchent pour le trésor des Cathares en tenant compte du fait que Rennes était leur deuxième citadelle après Montségur.
Des documents découverts récemment éclairent l'aventure d'un jour nouveau : il s'agirait de plusieurs trésors et l'un d'eux serait le trésor des Templiers !

Trésor de Rennes-le-Château :huit milliards dans une tombe
LA DALLE MYSTERIEUSE

Pour retrouver celui de Béranger Saunière, il faudrait connaître le texte gravé sur la pierre tombale de « Marie de Negre d'Ablès, dame de Blanchefort, seigneuresse de la paroisse, décédée le 17e jour de janvier 1781 à l'âge de 61 ans ».
Elle était la mère de noble Marie d'Hautpoul-Blanchefort qui le 26 septembre 1752 avait épousé son cousin, messire Joseph d'Hautpoul, chevalier et marquis.
Cette pierre tombale se trouve dans l'ancien ossuaire du cimetière, mais Béranger Saunière en a soigneusement gratté l'inscription.
— Comme il est regrettable qu'un homme cultivé comme vous n'ait pas pris la précaution de prendre copie de l'inscription, remarqua un jour l'historien Ernest Cros !
Le curé répondit que cette dalle convenait pour son projet de construction d'ossuaire et qu'en conséquence il n'avait aucune raison de la conserver, mais il éluda l'essentiel de la question.
Toujours selon M. Cros, l'auteur de l'inscription funéraire était soit un membre de la famille d'Hautpoul, soit l'abbé Antoine Bigou, curé de Rennes de 1774 à 1790 et déporté en vertu de la loi du 26 août 1792.
Il mourut en exil, probablement à Sabadelle, le 21 mars 1794.
Avant de partir, il avait terminé, dans l'église, l'aménagement d'une crypte, commencée par la famille de Voisins et qui se situait partie dans le clocher, partie sous le dallage de l'église.
En 1891, Béranger Saunière découvrit la cachette et la vida de son trésor.
Ce point est prouvé par les libéralités dont il fit preuve auprès de ses collègues des environs.
A l'abbé Grassaud, curé de Caudiès-de-Fenouillèdes, il offrit un très beau calice et régla les notes de ses fournisseurs avec des bijoux de facture ancienne.
Quand on questionnait Saunière sur le trésor il répondait :
— On dit que j'ai trouvé un trésor ! Me l'an donat ley panât, ley trapat, en tôt cas bas teni !
Voici, partiellement reconstitué par Ernest Cros, d'après les déclarations des habitants de Rennes-le-Château, le texte et le dessin du rébus qui fourniraient une des deux clés de l'énigme :
PS
REDDIS REGIS
CELLIS ARCIS
PRAE CUM

Interprétation :
PS : pars ; REDDIS : à Rennes ; REGIS : du roi ; CELLIS : dans les caves ; ARCIS : de la citadelle (autre sens possible) ; PRAE-CVM : des Hérauts (abrégé de « prae-convm » : hérauts du Christ, une des désignations des Templiers aux XIII* et xiv" siècles). D'où : « A Rennes, un trésor est caché dans les caves de la citadelle du Roi. Ce trésor appartenait aux Templiers. »
Autre interprétation :
PS : propriété. Régis : du roi. Reddis : à Rennes.
Arcis : de Blanchefort (Blanca fortax, arcis). Cellis : dans les caves (ou cryptes). Praecum : venant des Templiers.



Trésor de Rennes-le-Château :huit milliards dans une tombe

LA PIERRE DE COUMESOURDE


D'après une tradition tenace, et peut-être sans fondement, la pierre tombale ne donnerait que la première clé de l'énigme du trésor.
La seconde clé serait gravée sur la dalle de Coumesourde qu'Ernest Cros découvrit en 1928, près de Rennes-le-Château, vers le sommet de la cote 532 de la carte de l'état-major.
Depuis le xm" siècle, les familles de Voisins, de Marquesave, d'Hautpoul et de Fleury détinrent, par legs successifs, le secret de l'emplacement d'une ou de plusieurs caches de trésors consti¬tués pendant les troubles de la Révolution.
Une chronique assure qu'en 1789, avant d'émigrer, les comtes de Fleury gravèrent « les indications énigmatiques du secret sur la dalle tombale de la dame de Blanchefort et aussi sur la pierre de Coumesourde ».
L'un des trésors revenait de droit au roi (affaire des Infants de Castille, petit-fils de saint Louis).
Un autre venait des Templiers (affaire des grandes familles du Roussillon appartenant au parti Majorquin), et les nobles ci-des¬sus mentionnés le considéraient comme leur bien depuis la dis¬parition de l'Ordre.
Ce trésor, réparti en deux caches, était enterré ou emmuré au xive siècle sur les terres de ces familles :
— Au Bézu, au nord-est de Rennes.
— Au Val-Dieu, au sud-est du bourg, au Casteillas ou dans le ruisseau de Couleurs.
La pierre de Coumesourde était dissimulée dans une anfrac-tuosité de rocher et signalée très discrètement par une flèche et une croix pattée, gravées en creux dans la roche .
Voici le libellé et l'interprétation qu'en fit M. Cros, compte tenu des mots effacés ou illisibles :
SAE : la Sauzée (Sauzils) ; SIS : les Roches ; + : croix pattée des Templiers : IN MEDIO LI LINEA : la bissectrice de l'angle SAE- * SIS ; UBI M SECAT = là où elle coupe le plus grand côté du triangle ; LINEA PARVA (sous-entendu : ubi M secat) : là où le côté le plus petit coupe le plus grand ; PS PRAECVM : une partie du trésor des Templiers ; # = croix des Templiers, désigne les Tiplies ou le roc du Bézu où cette croix gravée était encore visible en décembre 1958 (le même signe existait aussi en 1958 sur un rocher de Val-Dieu).
On pourrait donc théoriquement situer le trésor en construi¬sant sur une carte d'état-major, les figures géométriques indi¬quées par Ernest Cros.
L'inscription aurait été tracée par un membre de la famille d'Hautpoul-Fleury, avant l'émigration.
Mais deux difficultés majeures se présentent :
— le texte de la dalle de la comtesse de Blanchefort, irrémédiablement détruit, n'est reconstitué que de mémoire.
— dans ce que l'on possède du texte de Coumesourde, il manque des mots entiers, et la position des caractères gravés — extrêmement importante — est très approximative.
La tâche des chercheurs de trésors est donc de retrouver le texte intégral.
M. Ernest Cros qui était un disciple johannite (secte chrétienne orientale agréée par les grands baillis du Temple) fit porter la pierre de Coumesourde à Paris, soit dans sa famille, soit plus probablement, pense-t-on, au siège d'une société secrète.
Depuis cette époque (1945-1946) la pierre est introuvable.
Si quelqu'un, à qui elle ne peut servir, pouvait ou voulait bien donner des indications sur le texte exact et la disposition des mots gravés, le trésor des Templiers livrerait peut-être ses pièces d'or et ses documents précieux !
Puisse ces lignes êtres lues par le détenteur de la pierre.


L'INCROYABLE PIERRE ALQUIER !

En 1960, M. Charles Abbot, ancien fonctionnaire de la police, qui habitait chez Mme L... 225, rue de Charenton, à Paris, nous a fait d'intéressantes révélations.

Pendant la guerre 14-18, dit M. Abbot, j'étais en convalescence à l'hôpital de Choisy et j'avais, comme voisin de lit, un maçon d'Espéraza (Aude).
Les journées étaient longues et nous bavardions le plus possible pour tuer le temps.
C'est ainsi que ce maçon, dont j'ai oublié le nom, me parla du trésor de l'abbé Béranger Saunière.
H me dit qu'en 1917, craignant l'arrivée des Allemands, le curé avait fait combler l'ossuaire qui se trouvait, alors, tout de suite à droite en entrant dans le cimetière.
En réalité, il ne s'agissait pas d'un ossuaire proprement dit, mais d'une fosse d'attente maçonnée où l'on mettait sans doute les cercueils en dépôt provisoire.
Or, au fond de cette fosse, mon voisin de lit me dit qu'il avait remarqué, avec étonnement, une petite porte ou trappe donnant il ne savait où.
En y réfléchissant bien, il croyait maintenant que cette affaire était en liaison avec celle du trésor dont on parlait beaucoup à Espéraza et à Rennes.
Un autre témoignage, mais quelque peu suspect, est celui de M. Pierre Alquier de Perpignan, portefaix au marché de la place de la République, avec qui nous étions en correspondance en 1959, par l'intermédiaire de Mme Marie-Thérèse Rivallier, 23, rue Duchalmeau, car notre informateur ne savait ni lire, ni écrire.
Il était originaire d'Espéraza et manœuvre dans sa jeunesse, ce qui laisse supposer que son histoire est peut-être véridique.
Je ne me souviens plus à quelle date, mais c'était au mois de mai, nous a dit Pierre Alquier... peut-être en 1916, car j'étais tout gosse, que le curé Béranger Saunière me demanda de monter à la cure, pour un travail de confiance.
C'était bizarre, car j'habitais Espéraza et il devait y avoir, à Rennes et à Couiza, des ouvriers plus vieux et plus qualifiés que moi, mais il est vrai que la main-d'œuvre était rare, vu que les hommes valides étaient tous à la guerre.
Entre le château et l'église, le curé m'a fait creuser un trou de six à huit mètres. Nous avons trouvé, fermé par une grille de fer toute rouillée, un souterrain qui allait du côté de l'église. Avec ma pioche, j'ai fait sauter la serrure.
Il y avait ensuite une galerie de trois mètres de longueur environ et nous avons pénétré dans une crypte remplie de trésors, d'armes et de squelettes.
Je n'ai touché à rien, le curé ne l'a pas voulu.
Il m'a dit de m'en aller et m'a remis six mille francs d'argent pour ma peine, en me commandant de toujours tenir ma langue.
Mais il y a bien longtemps de ça !
A mon avis, la chambre aux trésors devait se situer sous le château du curé.
La galerie qui y mène sort sous la sacristie et le diable au milieu de la chapelle (?) (1).
Cette relation bizarre mérite-t-elle d'être prise en considéra¬tion ?
Nous en doutons fortement, car Pierre Alquier qui dort habituellement à la belle étoile est bien capable d'inventer une histoire pour peu qu'on le pousse au cabaret !
De plus, s'il est né en 1908 comme il le dit, il avait huit ans quand le curé l'employa comme terrassier, ce qui est bien peu croyable !
Quoi qu'il en soit, le trésor a existé, et il existe certainement encore, comme semble le suggérer cette lettre figurant dans les archives de M. Corbu et écrite par un de ses amis au curé :
« Tu ne peux rien dire publiquement, mais confesse-toi, tu seras absou car tu n'as rien à te reprocher. »
Hélas ! Béranger Saunière ne voulut jamais se confesser au sujet du trésor, sinon à sa maîtresse, Marie Denarnaud.
Pourtant, le secret n'est pas impénétrable.
Un habitant de Rennes-le-Château qui en sait peut-être long a dit un jour à un membre du Club des Chercheurs de Trésors :
— Le secret du curé aux milliards est au fond d'une tombe, il s'agit seulement de trouver laquelle...
Un jour donc, les milliards cachés par le vieux curé seront Peut-être trouvés par le fossoyeur, et ce sera tant pis pour la petite cité perchée sur son piton rocheux : elle perdra le plus clair de son mystère... ou le plus sombre, si l'on préfère !

(1) Cette indication est certainement fausse. Le « diable » est le bénitier supporté par un diable qui est placé à l'intérieur de l'église, à gauche quand on y entre. La sacristie est loin de ce point.







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