Il y a quelques jours, Stephen Hawking a estimé "trop risqué" pour l'homme de communiquer avec des extraterrestres. S'exprimant dans un documentaire que compte diffuser Discovery Channel en Grande-Bretagne en mai, il a dressé un parallèle entre la venue d'aliens sur Terre et la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, "qui ne s'est pas très bien passée pour les autochtones indiens".
Le physicien britannique pense que la majeure partie des extraterrestres ressembleraient à des microbes, mais il n'exclut pas des formes de vie avancées qui seraient "des nomades cherchant à conquérir et coloniser".
Les propos du respecté scientifique ont relancé un débat vieux de trois ans dans une petite communauté d'astronomes qui recherchent une vie extraterrestre, souligne Seth Shostak, de l'Institut SETI. Les scientifiques doivent-ils cesser d'envoyer intentionnellement des messages dans l'univers par crainte d'attirer de dangereux aliens?
M. Shostak ne le pense pas. Certaines personnes sont d'avis qu'émettre des messages dans l'univers est "comme crier dans la jungle" et n'est "pas forcément une bonne idée", dit-il. Mais "devons-nous vivre cachés? Cela ne me semble pas une façon de vivre", ajoute-t-il.
Il y a une vingtaine d'années, la NASA avait tenu une conférence sur le sujet. A l'époque, la plupart des experts étaient préoccupés par le risque d'attirer des aliens hostiles, explique Christopher Kraft, l'ancien directeur du Centre spatial Johnson de la NASA.
Une grande partie de la recherche d'une vie intelligente extraterrestre est financée par des entités privées comme l'institut SETI, souligne Mary Voytek, une astrobiologiste de la NASA. L'agence spatiale américaine de son côté se concentre principalement sur la recherche d'une forme de vie simple, comme les bactéries, dans le système solaire.
Basé à Mountain View, en Californie, l'Institut SETI applique une stratégie passive, se contentant d'essayer de capter d'éventuels signaux extraterrestres. Cependant, depuis plus d'un quart de siècle, des groupes de scientifiques envoient des messages dans l'espace à destination d'autres mondes. Le plus célèbre est une retransmission de trois minutes émise en 1974 depuis l'observatoire d'Arecibo, à Porto Rico, rappelle M. Shostak.
On recense également d'autres initiatives. A l'occasion de son 50e anniversaire et du 40e anniversaire de la chanson "Across the Universe", la NASA a diffusé ce morceau des Beatles vers l'étoile Polaris en 2008. La même année, dans le cadre d'une publicité pour le remake du "Jour où la Terre s'arrêta", ce film a été "diffusé" vers les étoiles, note M. Shostak.
Quatre sondes de la NASA, Pioneer 10 et 11 et Voyager 1 et 2, emportent des plaques et des enregistrements qui contiennent des salutations terriennes et donnent des indications sur l'emplacement de notre planète. Ces engins lancés dans les années 1970 se trouvent aujourd'hui aux confins du système solaire.
Par ailleurs, la Terre envoie quotidiennement et par inadvertance des retransmissions dans le cosmos: signaux radio et télé, communications aériennes et radar.
Reste que pour Sara Seager, planétologue à l'Institut de technologie du Massachusetts, des extraterrestres capables de venir sur Terre seraient probablement si avancés technologiquement qu'ils n'auraient pas besoin de nos messages pour nous trouver.

Selon S. Hawking, tenter de communiquer avec une intelligence extraterrestre serait risqué





































