En dix ans, le nombre de touristes a doublé au Machu Picchu et, parallèlement, le développement économique prend des dimensions importantes. Mais la construction effrénée d'hôtels et de restaurants dans la ville voisine d'Aguas Calientes exerce une pression croissante sur les flancs de la montagne.
Le climat tropical de la région favorise l'humidité et, sur la large voie qui mène au site inca, les pneus des cars de touristes s'enlisent dans la boue. Selon un rapport, les autorités n'ont pas les moyens de détecter les incendies dans la citadelle ni dans ses environs boisés. D'après l'archéologue Luis Lumbrebas, qui œuvre depuis quarante ans sur le site, « le Machu Picchu n'a jamais été conçu pour beaucoup de gens. A l'origine les gens circulaient en sandales ou pieds nus… Si nous mettons des touristes avec des chaussures de marche, qui en plus courent, sautent ou escaladent les murs, etc., alors il y a danger ».
Cette cité sacrée oubliée pendant des siècles, ancienne résidence de Pachacutec, dévoilée aux yeux du monde en 1911 par l'Américain Hiram Bingham, retrouve aujourd'hui toute sa grandeur… Mais pour combien de temps encore pourrons-nous en profiter ?