LE RAPPORT CHOLET


Vendredi 03 Janvier 2003
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PREFACE
Jean louis Guidoni
Le Document Prénommé " RAPPORT CHOLET" est l'œuvre d'un chercheur aujourd'hui décédé M. J. Cholet. Ce document composé de quelques pages dactylographiées, est quelque peu délaissé par les chercheurs actuels, car assez loin des théories en cours depuis le début des années 70 et encore plus de celles des années 80-90.


En effet, s'il n'est pas toujours d'une exactitude historique absolue (et encore sur des points particulièrement mineurs) le " rapport " est révélateur des idées qui circulaient dans le village depuis et avant Noël Corbu et la mort de Marie Dénarnaud. M. Cholet était persuadé que le sous-sol de l'église était le lieu où saunière avait trouvé " ses " trésors. Pourquoi un telle certitude ? La rumeur prétend que c'est sur la foi de trois documents qu'il aurait retrouvé au château de montfort-l'amaury, fief originaire de la famille de Simon de Montfort dont Pierre de Voisins était l'ami et le bras droit lors de la " Croisade " conquête de l'Occitanie. Mais d'après lui ce serait à partir d'un Document légué par son grand oncle qui le découvrit dans un livre acheté en lot à l'abbé Saunière lors de ses difficultés financières (plus probablement à Mlle Dénarnaud pour payer les factures dont elle hérita après la mort de celui ci ). M. Cholet est donc un des rares chercheurs qui eurent le privilège d'être Prospecteur officiel de l'église M-Madeleine et qui obtint des renseignements de ceux qui connurent Bérenger Saunière et Marie Dénarnaud, à chaud ou presque. C'est En 1958, avec l'appui de l'évêché de Carcassonne qu'il sollicita et obtint de la mairie de Rennes le Château l'autorisation d'effectuer des fouilles dans l'église dédiée à marie-Madeleine, il lui fallut obtenir aussi l'aval de la préfecture de l'Aude ( ce que la loi aujourd'hui exige pour toutes fouilles à caractère archéologique : aujourd'hui, la loi 89-900 que beaucoup de chercheurs RLC négligent…).


Ces fouilles démarrent en juillet 1959 sous la surveillance du curé de Couiza et desservant de rennes, l'Abbé Rigaud (aumônier à l'institut St Joseph de Limoux dans les années 1980). Le témoignage des villageois entre autres nous apprend que les travaux furent très méticuleux et poussés.

Ainsi furent sondés les murs, de même le sol de la sacristie fut creusé en profondeur révélant les traces d'une porte signalée dans le document. Rien ne fut laissé au hasard, inspection entière du clocher et des attenants, l'autel fut déplacé, plinthes et carrelages enlevés permettant la découverte de plusieurs caches vides. M. Cholet arrêta ses fouilles lorsqu'il fut victime d'un attentat où il faillit être assommé par un madrier, la gendarmerie constata qu'en effet celui ci avait été " accroché à des fils de nylon " afin de tomber dès l'ouverture de la porte de l'intérieur dans le but évident de blesser voir tuer.

Choqué M. Cholet remit tout en état et abandonna toute recherche sur Rennes le château jusqu'en 1967.cet épisode nécessita une cure de repos de près de quatre mois attestée par son employeur ancien député. Il ressort de ce document qu'avant la vague de Sède et plus tard la vague anglaise des années 80 (fortement récupérée et déviée de nos jours par des auteurs de la mouvance de l'Esotérisme Chrétien Traditionaliste), les manuscrits supposés avoir été découverts par saunière ont un contenu tout à fait différend de ceux qui aujourd'hui sont sur la place publique, aucune mention de mérovingiens, ni de jésus (quel qu'il soit… le prophète ou le zélote) … par contre son auteur semble attacher une certaine importance aux dalles de rennes le château ( la dalle Et IN ARCADIA EGO, l'épitaphe de la marquise d'Hautpoul de Blanchefort et à la dalle du ou des chevaliers).

Il accorde aussi de l'intérêt aux découvertes dans l'église idem pour la période celtique et pour les évènements du XIIIème siècle dont la croisades des albigeois.

" LE RAPPORT CHOLET " PREMIERE PARTIE


Avertissement : le document qui va suivre suit en tout point le texte et les idées du rapport toutefois il est réécrit ceci afin de ne point léser les ayants droits. N'ayant put contacter le fils de M. Cholet, Mr Jl Guidoni s'engage à en respecter le contenu et l'esprit et à ne lui faire subir aucun changement propre à nuire à la teneur et la compréhension du texte premier, après lecture c'est bien le cas. Les remarques sont de l'auteur de cet article. Il ne s'agit donc pas d'un plagiat mais bien de l'analyse d'un texte en bonne et du forme.

RENNES LE CHATEAU Histoire du pays 1 -

Dés l'époque gauloise, le plateau eut un Temple dédié au dieu Arès, c'est son nom qui finit par donner Rennes le Château. Les Wisigoths le transformèrent en Redë, puis Reda, Rhedë, Reddas, Reda-Castel pour donner Rennes le Château. Les Celtes adoraient ce Dieu Arès en se plaçant sur une montagne afin d'être plus proche de lui mais dans une caverne afin de s'en protéger. Ainsi fallait il réunir une hauteur et une grotte, lieu idéal pour le culte de ce dieu. Il se trouve qu'à l'emplacement de Rennes le château au sommet du plateau se trouvait une telle caverne. Le culte d'Arès perdura jusqu'à l'évangélisation de la contrée et suivant l'usage du temps, les prêtres et autres moines prêcheurs construisaient les chapelle sur les ancien lieux de cultes païens. Le temple d'Arès se trouvant ainsi sous l'église Ste Madeleine, qui ne semble pas avoir changé de place depuis, et cela, malgré de multiples destructions. Sa construction se situe sous l'occupation wisigothique.

Remarques : ce dieu Ares et son culte souterrain semble plutôt correspondre à un amalgame des dieux celtiques BELEN et KERNUNNOS avec un culte nettement pré-celtique, peut être ibère, ou plus ancien à cause de la préférence du ciel ouvert des celtes pour leurs cultes. Cela n'implique pas une différenciation certaine puisque pour cette culture, les nécropoles souterraines et les tertres sont des portes vers l'autre-monde, peuplés par les dieux précédents les leurs et donc autant sacrés.

2- Lorsque les Sarrasins en provenance d'Espagne, après avoir soumis les places fortes wisigothiques entreprirent le long siège de Rhedë, capitale régionale fortement défendue. Les rescapés murèrent dans l'ancien temple tout ce qu'il ne pouvaient emporter et s'enfuirent par un souterrain en direction du château actuel puis vers le lieu-dit " Blanchefort ". A un embranchement, un souterrain descendait vers la rivière de la Sals face à Coustaussa. Ils traversèrent le gué qui existe toujours. Selon M. Cholet la sortie de ce souterrain fut obstruée par un glissement de terrain. La reprise vers Coustaussa étant toujours visible (en 1959) sur le coté gauche de la route menant d'Arques à Coustaussa.

Remarques : cet épisode peut correspondrent aux évènements se déroulant entre 719 et 759, où les " sarrasins " ayant pris Carcassonne et Narbonne tentèrent de maîtriser les corbières sans succès d'ailleurs. La résistance des populations celto-gothiques étant rude. L'existence de ce souterrain est décrite par louis Fédié en 1874 et supposée par les historiens Vic et Vaissetes dans leur monumentale histoire générale du Languedoc. La mention de Rhede comme capitale " locale " et non royale est pleine de pertinence historique.

3- selon l'auteur Charlemagne ayant chassé les sarrasins, la population revint mais on ne dispose pas d'informations avant la croisade contre les Albigeois pour que Rhedë réapparaisse dans l'Histoire. La tradition prétendrait que la ville serait tombée après Montségur et qu'en conséquence une partie des biens furent aussi emmurés dans le temple souterrain avant la reddition. Mr Cholet reconnaît que l'on ne sait rien de précis à ce sujet.

Remarques : là, nous retrouvons un exemple typique de l'intrusion des traditions locales. En effet dans toutes les Corbières le rejet de l'envahisseur sarrasin est attribué à Charlemagne (Moux, Carcassonne, Lagrasse, Limoux etc..) alors qu'historiquement c'est son père pépin qui en est l'artisan en 759 avec l'aide des populations de la septimanie. Rhede tomba bien avant 1244, en fait vers 1209-1210 comme à Coustaussa la population s'était enfuie, il est probable que parmi eux se trouvaient des cathares d'où cette tradition.

4 - La période qui semble la plus intéressante aux yeux du chercheur, fut la prise en main du comté par la familles des Voisins et l'éviction des seigneurs faydits dont les d'Aniort que M. Cholet fait passer pour de tièdes partisans des cathares. La situation se calmant au fil du temps, les D'ANIORT plaidèrent leur cause et obtinrent un non-lieu quant à leur hérésie. Toutefois la restitution de leurs biens fut inféodée au changement de nom. D'Aniort ils devinrent les de Niort petit village voisin du plateau de Sault. Vint le partage de la région entre les vainqueurs du Nord, le comté de Razès échut au chevalier de Voisins, petit noble, fils du comte de Voisins (le Bretonneux non loin de Paris), vassal de Simon de Monfort. Il prit le titre de Pierre Ier de Voisins, seigneur du Razès. Par la suite il fut nommé sénéchal. Lui succéda son fils aîné, Pierre II de Voisins, et son fils cadet fut soupçonné de brigandage. Un vide jusqu'à la guerre de cent ans (1365) où l'on retrouve le seigneur de l'époque Alaric Ier réunissant chevaliers et vassaux afin de combattre les grandes compagnies qui ravagent la contrée. Prenant les devant, le seigneur de Voisins les affronte non loin de St Paul de Fenouillet, les routiers après un rude bataille sont vainqueurs et le reste des troupes d'Alaric de Voisins s'enferme dans Reda-Castel, bientôt assiégée par les Grandes Compagnies. Les routiers investissent la ville, reste le château et les fortifications. Durant ces combats, un boulet atteint la tour Marsala servant de sainte barbe, les remparts sont ébranlés mais le château en lui-même demeure intact. Les assiégeants rasant l'église St Pierre jusqu'au sol découvrent l'entrée d'un souterrain. Croyant accéder ainsi au château, ils se ruent sans méfiance, mais dans un angle du passage une dalle à bascule envoi tout ce monde ad patres dans un puits. Ils y seraient encore. Cette épisode mais fin au siège du château.
C'est vers la même époque que l'épouse de Pierre le cruel roi de Castille, Blanche de Castille ( troisième à porter ce nom en réalité Blanche de Bourbon) est de passage dans la cité cherchant refuge après du comte de Voisins, vassal de par ses diverses possessions du Roi de France comme du Roi de Castille. Cet épisode selon l'auteur n'apporte rien à l'histoire. M. Cholet fait un bref aparté sur les guerres de religion, où les calvinistes ravagent le Razès, détruisant villes et villages ne se ralliant pas au protestantisme. Selon lui Réda-castel et son bourg fut de nouveau détruit. Le nom d'Esperraza viendrait d'une contraction de langue d'oc " es per raza " soit : " C'est pour raser " Il nous signale aussi la disparition de la famille de Voisins au court de cet épisode.

Remarques :la mention d'un souterrain partant de l'église st pierre aujourd'hui détruite est intéressante. les d'Aniort ne furent pas des modérés, loin de là, leur implication dans la cause des cathares et des seigneurs faydits, justifia la perte de leur fief qu'ils eurent beaucoup de mal à recouvrir (près d'un siècle ! et seulement une partie.) Pour l'étymologie du nom d'Esperaza, ce nom de ville trouve son origine dans le métier de radelier de la rivière Aude, sinon, il est vrai que cette partie du Languedoc fut sujette à une guerre de religion des plus violente de la part des deux camps.

5 - Cette rude période passée, le Razès se remet peu à peu tant au niveau démographique qu'économique. Rennes le château tombe dans le giron des " Hautpoul de Blanchefort ". Cette famille lui apparaît comme puissante vu le grand nombre de familles nobles qui cherchent à s'allier par mariage. L'auteur signale qu'à partir de cette époque, qu'il qualifie de Bourbonne (rois), jusqu'après la révolution, la ville sombre dans l'oubli historique. A cette période Rennes devient un relais pour les émigrés royaliste qui se dirigent vers l'Espagne. Le curé de l'époque se fait fort de les accueillir, leur fournir du ravitaillement et de les cacher. Alors que les autorités civiles allaient l'arrêter, il enterre dans l'église ses biens. Il rédige sur des parchemins l'histoire de son pays, les cache dans un des piliers soutenant l'autel puis part à son tour pour un exil dont il ne devait jamais revenir.

Remarques : l'apparition à rennes des Hautpoul, vieille et prestigieuse famille languedocienne, date d'avant la fin des guerres de Religions. Le rattachement du titre de marquis de Blanchefort est postérieur à leur arrivée. Ce curé correspond à Antoine Bigou, qui dut s'exiler en Aragon, car n'ayant pas fait serment sur le concordat (il demandait trop de restrictions) il fut condamné à mort par contumace comme prêtre réfractaire. Notons la mention de parchemins dans le pilier avant de Sede, et là surprise ! On est loin du contenu supposé par certains auteurs (postérieurs au rapport Cholet) de ses documents..

6- A partir de ce chapitre M. cholet nous décrit Rennes le Château à partir de 1885. il le décrit comme un village prospère mais replié sur lui même car aucune route carrossable ne le relie aux autres villages hormis un chemin muletier qui va jusqu'à Rennes les Bains. Les habitants vivent en autarcie, bien mais petitement. Il ajoute que tous les corps de métiers sont présents au village. Apparaît alors Bérenger Saunière qui implore la municipalité de lui accorder un crédit de 91 francs 60 afin de faire réparer la toiture de l'église. La commune comme le curé ne possède cette somme. C'est en tirant la cloche un matin qu'un vieux sonneur voit tomber un morceau de bois du haut du clocher. Le soir il retrouve ce morceau de bois, le trouvant léger pour sa taille. Il remarque alors qu'il est creux et contient de la fougère, curieux il la sort et y trouve un parchemin avec un os à l'intérieur. Derechef il l'apporte au curé car il est rédigé en latin, celui ci lui dit que " c'est sûrement une relique et son histoire ". plusieurs jours durant, l'abbé Saunière essaye de le traduire, en vain. Il part donc pour Paris et en revient avec une traduction. A partir de celle ci le jeudi suivant, le curé déplace une lourde dalle ce qui prends toute la matinée. A la place de la dalle il découvre un grand vide où vers le fond s'amorce un escalier. Il renvoie les enfants qui l'ont aidé en leur disant de revenir à deux heures, il y aura des bonbons pour tous. Il s'enferme seul dans l'église. A deux heures la porte de l'église est toujours fermée, elle ne s'ouvrira que vers quatre heures. C'est un abbé tout jovial qui distribua les friandises. Pour notre auteur, c'est à partir de ce jour que le curé se permit de fortes dépenses. Après la réfection et l'embellissement de son église il s'attaque à des projets fonciers plus personnels comme sa belle villa ou il tint table ouverte. J. Cholet le décrit comme faisant beaucoup pour le village et les habitants, réparant les maisons, dotant les filles à marier. Mais son Evêché lui occasionne de gros soucis, on l'accuse d'une foule de crime : trafic de messe, pacte diabolique, espionnage, boites aux lettres pour correspondances clandestines entre autres. Tout ceci ne l'empêchant pas de mener grand train et de continuer à construire.

Remarques : il est étonnant que B. Saunière, qui étudia le latin et le grec au séminaire de Carcassonne et était fort bien noté à ce propos, soit dans l'incapacité à traduire un texte latin sauf si l'écriture est difficile à interpréter, ce qui élimine d'emblée l'onciale du VIème au XIème siècle qui est une calligraphie très claire et la rédaction de texte en latin après la seconde moitié du XIVème qui est aussi d'une calligraphie fort lisible. Pour les Paléographes la période la plus difficile à interpréter est et demeure celle s'étalant du XIIème au XIVeme siècle. La thèse de reliques semble plausible bien que la mention d'un Saunière se rendant à paris pour traduction soulève nombre de questions. Carcassonne comme Narbonne ou Toulouse auraient put faire l'affaire. S'il s'agit d'un document codé, pourquoi Saunière s'en serait il rendu compte ?


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