LE GROUPE MARTINISTE DE LYON ET SA FILIATION
Les martinistes lyonnais, issus de la filiation de Jean Bricaud, prétendent être en possession de la filiation régulière remontant à Martinez de Pascally, par le canal d'initiés lyonnais constitués par Willermoz et ses successeurs.
Nous allons donc ici même tenter de démontrer que Jean Bricaud n'a jamais possédé autre chose que ladite filiation de Saint-Martin, qu'il reconnaît avoir reçue sous la forme des " initiés libres ", la même que reçurent, paraît-il, au dix-neuvième siècle, Augustin Chaboseau et Gérard Encausse.
Cette filiation comporte la mise en application du symbolisme du Masque, du Manteau, de la Cordelière, des trois nappes noire, blanche et rouge, des trois Luminaires, la signature par deux lettres et six points, et la possession, en principe, des clés de la Voie mystique intérieure que le "Philosophe Inconnu", Louis-Claude de Saint-Martin, remettait à ses "Intimes".
Quant à la filiation des Elus-Cohen et de leur classe secrète de " Réaux-Croix "; filiation qui remonterait à Martinez de Pascally par Willermoz, Bricaud ne l'a jamais reçue à notre avis, et voici pourquoi :
Dans sa " Notice Historique sur le Martinisme ", M. Chevillon, sous les initiales de " C. C. ", reprend les détails suivants, qu'il a reçus de Jean Bricaud, avant la mort de celui-ci. Ce n'est donc pas la bonne foi de M. Chevillon que nous mettons en cause, (pas même celle de Bricaud... ) .
" En 1893, nous dit la " Notice Historique sur le Martinisme ", les martinistes lyonnais entrèrent en possession des archives de J. B. Willermoz et du temple Cohen de Lyon, que la veuve de Joseph Pont, successeur de Willermoz, avait léguées au Frère Cavarnier, à la mort de son mari ".
Celte possession soudaine mettait-elle les dits Martinistes lyonnais en possession d'une sorte de " régularisation " affiliatoire ? Oui et non ! Oui; s'ils avaient reçu l'ordination précédemment. Non, si leur Martinisme n'était qu'une simple adhésion spirituelle au programme de l'Ordre...
" Le Docteur Encausse, continue la " Notice Historique " ignorait alors que la transmission régulière des Elus-Cohens n'avait jamais été interrompue, et que cette tradition n'avait cessé d'avoir des représentants; soit à Lyon, soit dans différentes villes étrangères. Tels furent les frères Bergeron et Bréban-Salomon, pour la ville de Lyon ; Carl Michelsen, au Danemark ; le Docteur Edouard Blitz, pour les Etats-Unis.
" Le Docteur Blitz était " Chevalier-Bienfaisant de la Cité Sainte ", et haut gradé du Rite Maçonnique de Memphis-Misraïm. Il était également le successeur direct d'Antoine Pont et de Willermoz. Il devint alors Président du Grand-Conseil pour les États-Unis de l'Ordre ainsi rénové par Papus. En cette qualité (représentant et héritier légitime de Martinez de Pascally) il résolut de rétablir l'ordre aux États-Unis sur les bases traditionnelles anciennes. En France, ses représentants furent le Docteur Fugairon, et ensuite Charles Détré, qui, sous son nom ésotérique de Teder, établit le Rituel Martiniste Français en accord avec Papus, (Rituel qui fut édité à Paris, en 1913, par les soins de Dorbon Aîné) "
Ici, la question se pose : Blitz était-il (et comment ?) le successeur de Willermoz et d'Antoine Pont ? Et comment pouvait-il être leur successeur direct ? Bricaud ne nous le dit pas ! Mais si la filiation lyonnaise des Elus-Cohen avait pu, négligeant les immédiats environs de Lyon et même Paris, fuir d'un coup d'aile jusqu'aux États-Unis pour tomber entre les mains d'un médecin américain, comment se fait-il que ce Rituel; établi par Blitz ne comporte que des symboles purement issus du Cérémonial comportant le Manteau, le Masque, les Trois Lumières, les deux lettres et les six points ? (Emblèmes qui nous le savons maintenant ne peuvent venir du " Philosophe Inconnu ", puisqu’étrangers à son symbolisme personnel). Comment se fait-il que rien ne rappelle les Rituels usités jadis par les véritables Elus-Cohen, au dix-huitième siècle, pas même les Grades ? Et comment se fait-il que les Cercles symboliques de Martinez - usités dans les Ordinations, - deviennent simplement sur le sol de la Loge décrite par ce Rituel, le Pentacle de l'Ordre ? Comment, par quelle aberration, les " Instructions Secrètes " de Martinez et de Willermoz, sur la Réintégration; la. Chute qui la précéda, deviennent-ils, dans le Rituel de Blitz, un simple commentaire des premiers versets de la Genèse, commentaires bien dignes d'un protestant américain, mais indignes d'un initié Cohen ?
Pour l'excellente raison que Blitz, peut-être titulaire des Hauts-Grades du Rite de. Memphis-Misraïm (et quel rapport ? ...) ne tenait son initiation que de Papus ! ... Non seulement, il n'a jamais initié ce dernier, mais c'est Papus qui fut son initiateur... Nous nous en convaincrons en apprenant que Blitz fut radié par la suite par Papus lui-même. Ayant commis avec l'esprit martiniste et les traditions de l'Ordre rénové par Papus, des abus notoires, Papus lui retira sa Charte de Souverain-Délégué Général pour les Etats-Unis. Le fait est attesté par le Suprême Conseil Martiniste, qui publia " à l'Orient de France ", un édit, paru dans la revue " L'Etoile d'Orient ", retirant sa charge à Blitz. L'édit portait que cette charge était remplacée par celle d' " Inspectrice Générale de l'Ordre pour les États-Unis, en la personne de Mme Margaret B. Peeke, également 33e du Droit Humain " : Le fait est attesté par une note du Docteur H. Spencer Lewis, de 1937, que nous possédons, et une lettre de Jean Bricaud lui-même, également en nos archives.
Imagine-t-on le Docteur Blitz, initiateur de Papus, lui ayant conféré la filiation Cohen, dont l'autre eut été légitimement fier (et ne s'en fut point caché...), radié ensuite par sons fils spirituel ? Le fait ne s'est jamais vu de l'initié régularisant son initiateur (ainsi que le ferait Papus pour Blitz), puis radiant celui-ci (comme cela s'est produit).
Enfin, étant donné :
1) que Willermoz ne pouvait pas transmettre les hauts-grades sacerdotaux Cohen ;
2) qu'Antoine Pont ne pouvait donc les avoir reçu, le D` Blitz ne pouvait ni les posséder, ni les conférer au Docteur Fugairon ;
Pour toutes ces bonnes raisons, appuyées de documents sérieux, nous rejetons le Rituel dit de Teder, œuvre de Blitz, et de même nous rejetons l'hypothèse de Blitz transmettant au rameau français la filiation des Elus-Cohen de Martinez de Pascally.
Vient ensuite la seconde hypothèse, Bricaud tenant du Docteur Fugairon, son affiliation aux Elus-Cohen.
Mais le Docteur Fugairon avait-il été aux Etats-Unis recevoir cette pseudo-investiture Cohen de Blitz ? Blitz était-il venu à Lyon la lui donner ? Où tout se passa-t-il par correspondance ? En ce dernier cas, nous nous refuserions à considérer une telle ordination comme valable. Mais nous n'aurons point cette peine, puisque nous venons de démontrer précédemment que Blitz ne possédait pas cette filiation ! Concluons-en, si le Docteur Fugairon a été Martiniste, il n'a possédé que la filiation de Papus, Chaboseau, et de tous les membres du Suprême Conseil, savoir la " filiation " du Philosophe Inconnu, Claude de Saint-Martin. Et nous savons maintenant combien elle est historiquement fragile. Bricaud nous dit ensuite que Teder succéda à Fugairon. Le même refus de filiation Cohen s'applique donc à Teder. Mais, au sujet de ce dernier, une tradition verbale circule dans les milieux Martinistes lyonnais. C'est celle nous affirmant confidentiellement que Teder possédait la filiation Cohen, et qu'il l'aurait transmise à Papus. Ceci encore est faux. Nous l'allons prouver de même... C'est encore Papus qui initia Teder ! Nous possédons en nos archives une lettre de Papus, datée du mardi 30 décembre 1902, et ainsi conçue :
" Très Cher Frère Détré,
Permettez-moi tout d'abord de vous féliciter bien sincèrement pour votre activité et votre dévouement à Notre Ordre. Le Comité Directeur du Suprême Conseil se réunira incessamment, vous pouvez compter que j'appuierai votre demande, et que, par suite, elle sera agréée. En attendant, je vous fais envoyer :
1) un Rituel, en anglais, que je vous prie de me renvoyer en recommandé après l'avoir consulté ou copié. Ce Rituel est celui des Loges américaines riches... Il n'est pas utilisé complètement en Europe, mais il pourra vous donner des idées.
2) Je vous fais envoyer aussi les papiers utiles pour votre propagande et pour les Loges. .
Il existe, en Angleterre, un " Souverain Délégué Général ", le Frère John Yarker, et un " Inspecteur Général ". Je vous mettrai en relation avec eux dès que vous aurez votre charte de « Délégué Général », au moins avec le Frère John Yarker. Toutes mes félicitations,. Très. Cher Frère, et fraternellement à vous.
Signé : PAPUS ".
Voici donc l'envoi du rituel de Blitz à Teder Et Papus donnant à Teder, son prétendu initiateur, une " augmentation de salaires ".. Mais ce n'est pas tout. Nous en avons une autre, du 5 mars 1905, soit trois ans plus tard. La charte promise s'est fait attendre.
" Très Cher Frère Détré,
J'ai l'honneur de vous faire part que 1e Suprême Conseil de l'Ordre a décidé de créer un poste d' " Inspecteur Général " pour l'Angleterre et les Colonies anglaises. Le Suprême Conseil a décidé de vous nommer à ce poste, en remerciement de votre dévouement. Je suis personnellement heureux de vous en faire part.
Fraternellement à, vous. - Signé : PAPUS ".
Mais ce n'est pas encore tout. De nos archives, nous extrairons, encore un document authentique, c'est le Bref du Suprême Conseil de Lyon, signé de Jean Bricaud : " 33 - 90 - 95, Président du Suprême Conseil, et Grand-Maître Général de l'Ordre Martiniste " , nous précisant ceci :
" Lyon, le 29 septembre 1918:
Aux Souverains Délégués Généraux, Inspecteurs Principaux,
Aux Délégués et Inspecteurs Généraux, Délégués et Inspecteurs-spéciaux,
Aux Présidents de Loges, aux Chefs de Groupes, et , à tous les Membres de l'Ordre,
Très Chers et Très Illustres Soeurs et Frères,
La première lumière de l'Ordre vient de s'éteindre. Notre Vénéré Grand-Maître, le T. III . F. Teder est mort, dans da nuit du 25 aux 26 septembres, à Clermont-Ferrand. Je ne veux, pour l'instant, que retracer à grands traits la vie, toute de labeur opiniâtre, d'activité acharnée, de notre T. III. F. Teder " C'est en Angleterre qu'il fut initié au Martinisme par le Très Illustre Frère Papus, puis nommé représentant et plus tard Inspecteur Principal de l'Ordre, pour l'Empire britannique et les Indes.
Signé : JEAN BRICAUD.
(Suivent les titres).
Imagine-t-on encore Teder initiant Papus, puis se faisant régulariser et dignifier par lui ?...
Nous rejetons donc également l'hypothèse de Teder, successeur, régulier de Martinez de Pascally, puisque c'est Papus, détenteur de la seule filiation du " Philosophe Inconnu ", sans rapport avec celle des Elus-Cohen, qui fut à l'origine de sa filiation martiniste
Restent Carl Michelsen, le Danois, (dont Bricaud ne dit rien et ne prétend pas être le successeur), et " les frères. Bergeron et Bréban-Salomon ".
De ceux-là, aucun des vieux Martinistes, ex-membres du Suprême Conseil de 1884, ne se souvînt jamais avoir entendu prononcer le nom. Dans l'hypothèse où il s'agirait d'authentiques Cohen, issus du rameau lyonnais venu du dix-huitième siècle, pourquoi Bricaud éprouve-t-il le besoin d'y mêler Michelsen, Fugairon, Blitz, Teder ? Il lui suffisait de nous dire que " Bergeron ", ou " Bréban-Salomon " ont été ses initiateurs. C'est là l'attitude qu'adopterait n'importe quel homme sensé, et le premier soin d'un Martiniste est généralement de citer son initiateur sans y mêler aucun nom étranger. Bricaud se garde bien d'agir ainsi. Il émet des renseignements vagues, généraux, et se consente de laisser son interlocuteur libre d'envisager telle solution qui lui plaira... Ainsi, il n'a aucune responsabilité morale à l'erreur historique qui risque de naître de ces affirmations, volontairement nébuleuses...
Or, quant à M. Bergeron, nous avons pu retrouver des traces de son existence par hasard, en août 1946, au cours d'une conversation avec Mademoiselle Morel, la regrettée bibliothécaire de la Société de Théosophie.
Celle-ci nous fit de très nombreuses confidences sur l'activité des Martinistes lyonnais avant la création de l'Ordre Martiniste par Papus. Par la suite, nous revînmes plusieurs fois sur le sujet, et malgré son âge avancé, jamais sa mémoire ne fut en défaut, jamais, elle ne se contredit. Nous résumons ci-après notre premier entretien.
" C'est à Lyon, en 1886, que je fis la connaissance de M. Bergeron, et, par lui, de MM. Fouilloux et du Docteur Souillée, également Martinistes. J'avais alors seize ans et demi. M. Bergeron me donna " L'Homme de Désir ", de Louis-Claude de Saint-Martin, à étudier, et à recopier. Je fus tellement impressionnée par cette lecture que, voyant cela, Bergeron se mit alors à m'exposer et à me commenter la doctrine du " Philosophe Inconnu ".
C'était un homme d'une très haute valeur morale, presque un saint.
Lorsque je le connus, il avait alors dépassé cinquante ans. Artiste-peintre et violoniste, il vivait misérablement dans le lanterneau d'une vieille maison de la rue Saint-Jean. Les gens du quartier l'avaient surnommé "l'homme de la Tour". Toujours vêtu avec décence malgré son extrême pauvreté, il était commissionnaire chez un marchand de chaussures. Mais devant sa distinction et sa réserve naturelle, les gens hésitaient à lui offrir un pourboire. Si bien que ses revenus (30 francs par mois de fixe !) étaient extrêmement réduits. Il vivait de deux pommes à chaque repas, d'eau, et d'une cuillerée d'huile d'olive chaque matin. Je l'ai connu intimement plus de dix-sept ans, et jamais je ne lui ai vu varier son genre de nourriture, en dehors de chaque samedi soir, où il venait alors dîner chez mes parents. Il n'était pas franc-maçon et ne pratiquait aucun culte officiel. En dehors des traditions Martinistes, il soutenait fréquemment, en complément, les théories spirites qui commençaient alors à se diffuser. Son ami Fouilloux, lui, rattachait plutôt ce genre de phénomènes aux prestiges d'êtres; analogues aux devas des enseignements védiques.
De 1886, année où je fis sa connaissance sur les bords de la Saône,. Jusqu’à 1903, année où nos relations s'espacèrent de plus en plus (j'étais alors devenue parisienne), nous eûmes chaque semaine, deux réunions, l'une chez mes parents, au dîner du samedi soir, l'autre chez lui, le jeudi généralement. Là, en sa minuscule chambre, nous nous serrions les uns contre les autres, assis qui sur le lit, qui sur la malle, qui sur la table, constituant tout son mobilier. Il jouait du violon de façon extraordinairement émouvante, et c'était un excellent début pour nos discussions passionnées. En toute cette période de dix-sept années, (il vivait encore en 1907), s'il nous donna tout ce qu'il savait sur la philosophie et la métaphysique de Saint-Martin, jamais il ne fut question d'une quelconque transmission rituélique de ces enseignements. J'avais une amie, plus âgée que moi, également convertie au Martinisme. Elle non plus n'eut jamais connaissance de quoi que ce soit de semblable. Il est possible que le groupe des Martinistes lyonnais ait été plus important et qu'il ne fut pas limité à MM. Bergeron, Fouilloux et Souillée. Mais jamais je n'en ai connu d'autres ! Un, jour, au cours d'un dîner, il me dit, au sujet d'un problème de métaphysique, la façon dont il l'avait abordé " dans notre réunion ". Je présume donc qu'il allait parfois à des réunions où on abordait ce genre d'études. En tout cas, cela n'impliquait pas pour lui la mise en pratique d'une théurgie analogue à celle des Elus-Cohen de Martinez, car il lui était impossible, en sa chambre dénuée de tout ameublement, de dissimuler quoi que ce soit quant aux objets (robes, pentacles, épée, ornements, etc.) . Car il ne possédait à peu près rien... Il est possible, très possible même, que ces réunions auxquelles il faisait allusion aient été des réunions spirites, car ces pratiques lui tenaient à cœur. Il se rendait parfois en semaine à Perrache, rue de la Charité ou rue Sainte-Hélène, où se réunissaient justement les spirites lyonnais.
Je n'ai jamais entendu ces trois hommes, MM. Bergeron, Souillée, Fouilloux, parler des frères Bréban-Salomon, ils ne firent jamais allusion à des Martinistes déjà décédés, tels que Pont ou Destigny. Quant à Papus, ils l'ignoraient jusqu'au jour où celui-ci vint, à Lyon, faire une conférence sur le Martinisme, sans doute pour voir s'il y éveillerait quelque écho. Mais aucun des trois ne s'y rendit !
Quant à Bricaud, je l'ai vu tout jeune (il avait une vingtaine d'années) faire ses premiers pas dans les milieux occultistes lyonnais. Jusqu'en 1903, époque à laquelle cessèrent nos relations, M. Bergeron ignorait Bricaud. A-t-il connu Téder ? Je l'ignore. Mais, comme dix-sept années d'intimité spirituelle ont pu m'en convaincre, jamais M. Bergeron n'a eu connaissance d'un Martinisme de Saint-Martin qui se communiqua par une forme cérémonielle quelconque. Quant au " willermozisme ", à cette époque, personne n'en parlait encore dans ce noyau martiniste lyonnais que j'ai fréquenté. .
Les légendes naissent vite, et sans qu'on y prenne garde ! Tout le monde connaît l'histoire de la pierre de voûte qui se serait détachée lors des obsèques de Papus, à Notre-Dame-de-Lorette. Or, j'étais là, avec des amis. Lorsque nous lûmes peu après les premiers échos de ce fait, nous nous interrogeâmes mutuellement avec surprise : personne n'avait vu pareille chose ! Et nous étions tous au premier rang, lors de la sortie du cercueil... Il est bon que vous rétablissiez la vérité au sujet de M. Bergeron et de ses amis, les vieux Martinistes lyonnais. Encore une fois, je vous le redis, jamais, en ce temps-là, à Lyon, l'initiation à Saint-Martin n'était remise autrement que par des prêts de livres et des commentaires d'aîné à cadet. Quant à Martinez et à Willermoz, il n'était jamais question de leurs systèmes... "
Mademoiselle Morel est morte d'un cancer généralisé, en juillet, de cette année. Cette déclaration, elle me l'avait encore confirmée un mois à peine avant sa mort. Que faut-il ajouter de plus ? La filiation Bergeron, mise en avant par Bricaud. N’existe probablement pas plus que, celle de Blitz.
Certains Martinistes lyonnais mirent en avant l'hypothèse de Teder, affilié au Rite Ecossais Rectifié, et possédant ainsi, comme " Chevalier-Bienfaisant de la Cité Sainte", la filiation des Grands-Profès, successeurs légitimes des Réaux-Croix, institués en 1778 par Willermoz et ses amis, au sein du Grand Prieuré des Gaules et de la Stricte Observance.
Mais cela ne saurait être, retenu. Car, dans le Bref du Suprême Conseil, signé de Bricaud, et annonçant la mort de Teder (cité plus haut), les titres de Teder, longuement énumérés, sont ceux que Philippe Encausse, en sa " Biographie " de son père, mentionne comme ayant été la propriété de Papus. On conçoit que Teder, héritier de Papus, ait les mêmes. Ni pour Papus, ni pour Teder, on ne fait mention d'un haut grade quelconque du Rite Ecossais Rectifié. Et ceci se comprend aisément, quand on veut bien se souvenir que la fusion du Rite Écossais Rectifié et de l'Ordre Martiniste, tentée par Papus et le Dr Ed. De Ribeaucourt (Grand-Maître du Rite avant la guerre de 1914), avait été abandonnée. En effet, le Rite Écossais Rectifié était exclusivement maçonnique et réservé aux hommes. Et l'Ordre Martiniste était une organisation philosophique mixte. La correspondance à ce sujet fut également entre nos mains pendant toute la guerre. Elle est actuellement aux archives de l'O. M. T. Donc, ni Teder, ni Papus, ne furent Grands-Profès et en possession de la filiation régulière et légitime de Willermoz et des Elus-Cohen. Nous savions déjà, d'ailleurs; que celle-ci n'existe plus depuis longtemps.
Nous avons écarté, preuves en mains, le Dr Blitz, le Dr Fugairon et Teder, procédant de lui ou de Papus sont également à écarter dans l'hypothèse d'une filiation réellement willermoziste ou cohen. Michelsen n'est pas mis en avant par Bricaud comme ayant initié un quelconque martiniste français. Restent Bergeron et Breban-Salomon. Ceux-là, Bricaud ne s'y attarde pas, laissant les suppositions du lecteur se diriger (savamment conduites par lui...) sur les, autres.
Alors ?... Rien. Il ne reste rien... Et le " Grand-Maître Cohen ", le " Chevalier d'Orient ", le " Grand-Elu de Zorobabel " , ou le " Réau-Croix ", qui présida à la mission de Teder et de Jean Bricaud est encore à découvrir, s'il y en eut jamais un.
Nous avons bien envisagé le cas où des survivants des Temples Cohen provinciaux auraient continué à transmettre l'initiation de Martinez de Pascally. Nous avons retrouvé certaines traces, dans le Midi, et des Rituels originaux du XVIIIe siècle, ceux de " communication " des grades du Porche, de " Maître-Elu Cohen ", de " Grand-Maître Cohen " (ou " Grand Architecte " ) ont été entre nos mains, et nous en avons pris copie. Nous avons également en notre possession, le Rituel original du dix-huitième siècle de l'ordination du " Grand-Elu de Zorobabel " ou " Chevalier d'Orient " , mais ceci ne nous a pas apporté la preuve tangible d'une activité Cohen à l'époque de Teder et de Bricaud. L'existence d'archives ne démontre pas la survivance des officiants...
Quelle est donc là filiation qui peut, incontestablement, être reconnue à Bricaud ? Celle qu'il revendique lui-même dans une lettre (également en notre possession), et où il déclare " Je suis moi-même initiateur libre depuis plus de vingt ans... ".
Cette filiation d'initiateur libre; c'est celle, uniquement, qui remonte (?... ) à Claude de Saint-Martin, par Papus ou Chaboseau, aboutit soit à Chaptal, soit à l'Abbé de Lanoue, et que Van Rijnberk a analysée dans le tome II de son ouvrage " Martinez de Pascally ".
Plus tard, quand Bricaud voudra se rattacher aux Elus Cohen; en l'absence de documents et d'instructions, réels (et pour cause) il appliquera pour ceux qu'il appelle " les Réaux-Croix de Martinez " (une lettre fut également en notre possession) un Rituel qui est de sa fabrication même. Et ce Rituel, établi avant que Le Forestier ait publié chez Dorbon aîné son étude sur " La Franc-Maçonnerie Occultiste au dix-huitième siècle et l'Ordre des Elus-Cohen ", ignore (ceci détruisant les prétentions de Bricaud...) et le rite d'expiation, par la carbonisation d'une tête de chevreau noir, sur lequel insiste particulièrement Martinez,. et l'obligation de faire boire au nouveau Réau-Croix " le Calice en cérémonie et manger, le pain mystique et.. Cimentaire "...
Alors que le Rituel de Martinez est profondément occulte et mystérieux, celui de Bricaud ne reflète que les traditions gnostiques, les symboles de cette église, etc. Le discours au nouvel élu, est un simple commentaire des principes généraux de l'Occultisme, tels qu'on les définissait à la fin du dix-neuvième siècle ou au début de celui-ci. Et les expressions ne dépassent pas le niveau des petites brochures de propagande éditées par l'initiation.
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
|
Document sans nom
TELECHARGEMENT!

le vraie langue celtique ou le cromlek de rennes-les-bains de l'abbé boudet au format PDF
cliquez la vignette pour telecharger
20/11/2008
- The berwick advertiser
20/11/2008
- Jon Vickery ,compare-airport-parking.co.uk
20/11/2008
- marc Fernandez
19/11/2008
- Laurent Sacco, Futura-Sciences
19/11/2008
- Carolyn Porco ,Scientific American
18/11/2008
- Agence science presse
18/11/2008
- archives TV suisse romande
|