En deux mots, Kenneth Arnold était aux commandes de son avion d'affaires, et se dirigeait vers le mont Rainier, dans l'État de Washington (Nord-Est des Etats-Unis). Il aperçut au loin une série de neuf engins volants qui ne ressemblaient pas à des avions. Très effilés, sans queue, ils paraissaient onduler, et réfléchissaient par moments la lumière du soleil. Ces étranges objets volants traversèrent rapidement tout le paysage, passant devant le mont Rainier, un sommet de 4 392 m. Ceci permit à Arnold d'estimer avec une bonne précision la distance, les dimensions des appareils, et surtout leur vitesse, en chronométrant la durée de leur trajet : 1 900 km/h ! C'était une vitesse très supérieure à celle de tous les avions de l'époque. L'idée qu'il pouvait s'agir d'engins secrets, de missiles, a pu être écartée également. En bref, Arnold avait fait la première observation médiatisée, historique, de soucoupes volantes ! Bien entendu, les sceptiques se sont acharnés à mettre en doute ses estimations, mais le physicien Maccabee a repris ses calculs et les a confirmés. Voici le résumé de l’analyse, faite par le physicien de la Marine Bruce Maccabee, de l’observation de Kenneth Arnold le 24 juin 1947. Maccabee l’a exposée en 1997 au symposium annuel du MUFON (Mutual UFO Network). Il s’est inspiré étroitement des documents disponibles qui sont, d’une part le rapport écrit que fit Arnold à l’armée de l’Air peu après, et son propre livre, écrit en 1952, The Coming of the Saucers.
Kenneth Arnold volait dans la région du mont Rainier, dans l’état de Washington (au nord-ouest des Etats-Unis), après avoir terminé un vol d’affaires (il vendait et installait des équipements de lutte contre l’incendie, dans cette région très forestière). Il avait décidé de passer une heure à rechercher l’épave d’un avion écrasé, pour lequel était offerte une récompense de 5 000 dollars. Peu après avoir survolé la petite ville de Mineral, Il observait attentivement le paysage, en cette journée de très beau temps et de ciel bien dégagé, avec une bonne visibilité jusqu'à 80 km. Arnold volait à environ 2 800 m d’altitude (9 200 pieds) vers le mont Rainier, haut de 4 392 m, qui se trouvait devant à l’est, à environ 35 km (22 miles), et il se dirigeait vers la ville de Yakima, située au delà de la montagne à 130 km (80 miles) plus à l’est (voir le schéma plus loin).
Vers 15 h, l’attention d’Arnold fut attirée par un éclair de lumière brillant qui vint frapper son avion. Il crut d’abord qu’un autre avion passant tout près de lui avait réfléchi la lumière du soleil, mais il ne put repérer qu’un avion au loin, un quadrimoteur DC-4, sur sa gauche. Soudain, il vit de nouveau un éclair, et repéra cette fois sa direction, loin sur sa gauche et plus haut que lui. Il vit alors une formation d’objets brillants, dans la direction du mont Baker, tout au nord du paysage. Arnold pensa d’abord à une formation d’avions militaires qui lui renvoyaient la lumière du soleil en s’inclinant lors d’un virage. Comme ils s’approchaient vers le mont Rainier, il parvint à les compter - neuf appareils - et il commença à distinguer leur forme. Il fut alors très surpris de découvrir qu’ils semblaient ne pas avoir de queue. Il supposa d’abord qu’elles étaient camouflées. En continuant à les observer, il remarqua que ces appareils semblaient voler, non pas en droite ligne, mais comme en ondulant, comme des soucoupes ricochant sur l’eau (c’est de là que provient l’expression “ soucoupe volante ”) et c’était pour cela qu’ils renvoyaient régulièrement ces éclairs de lumière du soleil, très visibles même lorsque les engins se détachèrent devant les pentes enneigées du mont Rainier. Leur surface devait être polie comme un miroir pour réfléchir le soleil aussi fortement. Alors qu’il se rapprochait progressivement, Arnold distingua mieux leur forme, qu’il décrivit comme un demi-cercle à l’avant, deux côtés courts parallèles, et une partie à l’arrière en forme d’angle convexe. Ces objets lui parurent très plats, avec une épaisseur égale à 1/20 de leur longueur. Le physicien Maccabee met en doute cette estimation car, sur le dessin qu’a fait ensuite Arnold dans son rapport écrit à l’armée de l’air, ils sont plus épais, environ 1/11 de la longueur. Ce détail a son importance comme on va le voir plus loin.
Les engins volant dans une direction perpendiculaire à la sienne, Kenneth Arnold, pilote expérimenté qui connaissait parfaitement la région, essaya de mesurer leur vitesse, en repérant leur passage devant le mont Rainier, puis le mont Adams qui se trouve à environ 76 km (47 miles) plus au sud. Il compta le temps de passage des objets entre ces deux points de repère - 102 secondes - au moyen de l’horloge de son tableau de bord (son observation allait durer au total de deux minutes et demi à trois minutes), et en déduisit une vitesse stupéfiante de plus de 2 800 km/h (1 760 miles/h). C’était une vitesse très supérieure à celles des avions les plus rapides de l’époque. Le mur du son allait être franchi pour la première fois en octobre de la même année par l’avion-fusée Bell X1. Arnold fut si surpris que, dans son témoignage, il réduisit son estimation à 1 900 km/h (1200 miles/h). Il faut noter ici que cette estimation de la vitesse supposait que les engins avaient vraiment parcouru cette distance séparant les deux montagnes, ce qui était le cas s’ils volaient près de celles-ci, donc à une distance de plus de 30 km. Or Arnold supposa qu’ils étaient un peu plus près, à environ 15 miles, soit 24 km. A cette distance, une simple règle de trois donne 1 400 Km/h, vitesse encore impressionnante. Mais le physicien Maccabee remarque qu’il avait probablement sous-estimé leur distance car, à un moment de son récit, Arnold signale que les engins passent derrière une première chaîne de montagnes, située entre lui et le mont Rainier à une distance de 32 km (20 miles). Cela nous donne une estimation assez précise de la distance, dans une fourchette étroite de 32 à 35 km, et son estimation de leur vitesse était donc très correcte. Autre détail intéressant, Arnold put estimer que les neuf appareils étaient échelonnés sur une distance totale d’environ 8 km, en le voyant défiler devant le mont Adams.
Les astronomes sceptiques
Arnold était un homme jeune qui ne portait pas de lunettes, et il avait sûrement une bonne vue pour avoir obtenu son brevet de pilote. Pour mieux voir les soucoupes, il avait fait virer son avion dans la même direction et ouvert la verrière coulissante. Mais revenons à l’argumentation de Hynek. Celui-ci prenait Arnold au pied de la lettre pour son estimation de l’épaisseur des engins , environ 1/20 de leur longueur. Il prenait ensuite comme estimation de leur éloignement la distance la plus élevée que l’on pouvait trouver dans le témoignage d’Arnold , soit 40 km (25 miles). Il déduisait de ces trois données que les soucoupes auraient du avoir une longueur de 600 m environ et une épaisseur de 30 m ! Valeurs impossibles et ridicules, donc il fallait réviser tous les chiffres, expliqua Hynek. Il décida que Arnold avait vu en fait des avions. Les plus grand avions de l’époque avaient jusqu'à 120 m de long et 10 m de haut. Si l’on supposait d’autre part que ces avions n’étaient pas à plus de 6 miles (3,7 km), leur vitesse tombait alors à 250 km/h (400 mph), et tout rentrait dans l’ordre des choses banales. En fait, les estimations d’Arnold sont cohérentes vis à vis de l’acuité visuelle admise en médecine : il avait pu voir ce qu’il avait décrit.
A ce sujet, on peut citer ici l’analyse du cas publiée en 1956 par le capitaine Edward Ruppelt dans dans son livre The Report on Unidentified Flying Objects. Ruppelt avait été pendant près de trois ans (de 1951 à 1953) le responsable de la commission d’enquête de l’armée de l’air, pour laquelle travaillait l’astronome Hynek. Ruppelt s’était bien démarqué de l’attitude fortement sceptique de la commission en écrivant son livre. Sur cette question de la dimension des ovnis vus par Arnold, il penchait, avec certains membres de la commission, en faveur d’une longueur encore plus grande, de l’ordre de 60 m (210 pieds) ou plus. Curieusement, l’astronome Hynek, même longtemps après avoir complètement changé d’avis sur les ovnis, en est resté à sa première analyse sur Kenneth Arnold. Il est toujours difficile de reconnaître une erreur passée.
Après Hynek entre en lice un astronome réputé, Donald Menzel, avec son premier livre sur les ovnis, Flying Saucers, paru en 1953. Un livre qui allait rester pendant des années la référence scientifique sur le sujet, traduit dans plusieurs langues (y compris le russe) et présent dans toutes les bibliothèques. Curieusement, Menzel rejeta l’explication de Hynek. En fait, il ne s’embarrassa pas de calculs aussi subtils. Il décida que, pendant la durée totale de l’observation - 3 minutes - les objets n’avaient pas franchi plus de 40 km (25 miles), ce qui avait pour conséquence de ramener leur vitesse à 800 km/h (500 miles/h) : une vitesse encore assez surprenante, nota-t-il...Mais cette distance de 40 km ne correspondait nullement, on l’a vu, à l’observation qui se trouvait plutôt à 80 km ! Menzel pencha ensuite pour une nature autre que celle d’avions (neuf avions à 800 km/h, cela faisait quand même bizarre à l’époque). Il supposa qu’Arnold avait vu en réalité des nuages de neige gonflés au dessus des sommets, causés par les turbulences le long des chaînes de montagnes. Ces nuages de neige pouvaient réfléchir la lumière du soleil comme un miroir, remarqua-t-il, et les crêtes rocheuses pouvaient les faire onduler. Qu’en dit le physicien Maccabee, quarante-cinq ans plus tard ? Soulignant le caractère étonnant des formations nuageuses imaginées par Menzel, il conclut ceci : “ ...même si un phénomène atmosphérique aussi étonnant s’était produit, il est difficile d’imaginer comment Arnold aurait pu manquer d’identifier des nuages de neige emportée en haut des sommets, d’autant plus qu’il passa juste à 12 miles (20 km) au sud du mont Rainier quelques minutes après son observation ”. Mais Menzel était un homme plein de ressources, et il proposa une “ autre possibilité ”. Peut-être y avait-il eu une fine couche de brouillard, ou de poussière, déplacée violemment par la circulation de l’air et qui avait réfléchi la lumière du soleil. Maccabee est encore plus sceptique sur cette explication, remarquant que le soleil se trouvait alors haut dans le ciel et derrière Arnold, que le vent n’aurait pu que disloquer une telle couche et qu’on ne comprend pas du tout comment celle-ci aurait pu réfléchir le soleil comme un miroir. Et là aussi, comment un pilote expérimenté qu’Arnold, connaissant bien ces montagnes, aurait-t-il pu se tromper à ce point en observant une couche de brouillard ? .
Dans sa remarquable étude sur Arnold, le physicien Maccabee conclut notamment ceci : “ Les explications ” de Hynek et Menzel ont aidé à établir la tradition que nous vivons encore aujourd’hui, selon laquelle les soucoupes/ovnis sont toutes des erreurs, ou des tromperies, ou des illusions, et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter... Cependant, une analyse attentive de témoignages comme celui de Kenneth Arnold et Fred Johnson montre que cette tradition est un château de cartes construit sur du sable, en train de s’effondrer ”.
Les nouveaux sceptiques : avions secrets et pélicans !
Cela n’a pas empêché certains auteurs, comme les Anglais Tim Matthews et Bill Rose, de suggérer que ces recherches avaient été poursuivies secrètement et qu’avaient été mis au point des avions ultra secrets, responsables de la vague de soucoupes volantes de 1947, y compris l’observation d’Arnold, bien entendu. Que peut-on répondre à cela ? Tout simplement que, même si l’armée avait décidé de poursuivre quelques essais secrets, par exemple sur la base d’Edwards en Californie, ce dont il n’existe aucune preuve, l’idée qu’une escadrille d’avions secrets supersoniques ait pu à l’époque survoler à vitesse supersonique les Etats-Unis est une plaisanterie.
Une autre “ explication ” a encore surgi en 1999 sur internet, celle d’une confusion avec un vol de ...pélicans ! L’auteur en est encore un Anglais, James Easton, qui s’est taillé une solide réputation internationale de sceptique. Notons au passage que le scepticisme sur les ovnis est maintenant aussi répandu en Grande-Bretagne qu’en France, qui détenait naguère la palme en la matière. A vrai dire, la théorie des pélicans a été vite éliminée par les critiques, tellement elle était éloignée de toutes les données de l’observation. Bruce Maccabee a fait observer, par exemple, que l’on voit mal des pélicans produire un flash brillant en réfléchissant la lumière du soleil, et qu’ils seraient beaucoup moins blancs que la neige au soleil : en fait, il se seraient détachés comme des objets sombres devant les pentes enneigées du mont Rainier. Un ufologue américain réputé, Jerome Clark, a proposé, en guise de conclusion à cette comédie, de parler désormais de « pélicanistes » et de “ pélicanisation ” pour toute explication farfelue de cet acabit. .
Débat dans la revue LDLN sur cet article
1 - Les critiques (LDLN 359, avril 2001)
Autre réaction à l'article « Kenneth Arnold face aux sceptiques » : celle de Max Sinquini, qui a une grande expérience du vol, en avion et en hélicoptère. Il trouve excessive l'estimation de distance proposée par Maccabee, et ne croit pas à la possibilité de distinguer à une telle distance des objets de taille aussi réduite.
Autre réaction : Notons encore que le Dr Maccabee n'est pas un physicien de la Marine américaine, mais un médecin. L'erreur vient à l'évidence du terme physician, qui désigne un médecin (physicien se disant physicist). Maccabee n'en est que plus qualifié pour émettre un avis sur la question, même s'il peut -comme tout le monde- se montrer optimiste dans certaines de ses estimations.
2- Mes réponses aux critiques (LDLN 363, janvier 2002)
Je reprends maintenant la critique de mon ami Max Sinquini sur la vision des avions à grande distance, que Joël Mesnard a mentionnée dans LDLN : « il trouve excessive l'estimation de la distance proposée par Maccabee, et ne croit pas à la possibilité de distinguer à une telle distance des objets de taille aussi réduite ». En fait, j'ai manqué de précision dans mon article, et cette critique pertinente de Sinquini me donne l'occasion de revenir sur ce point important et controversé.
Comme je l'ai expliqué dans mon article, lorsque Kenneth Arnold fit son observation, il était à environ 22 miles du Mont Rainier, soit environ 35 km en chiffres ronds. Il vit passer les neuf ovnis devant les pentes enneigées de la haute montagne, et estima qu'ils devaient être à environ 15 miles de lui, soit 24 km. C'est d'ailleurs à partir de cette estimation de leur distance qu'il estima leur vitesse à 1 900 km/h en comptant leur temps de passage. Arnold observa un quadrimoteur Douglas DC-4, qui volait, lui sembla-t-il, à peu près à la même distance. Il remarqua que la taille des ovnis était comparable à la distance séparant les deux moteurs les plus éloignés, et il s'en servit pour estimer la dimension des ovnis : environ 12 à 15 m selon lui. Sur ces estimations, on peut déjà se poser deux questions : Arnold pouvait-il bien distinguer un DC-4 à cette distance ? Et à quelle distance les ovnis étaient-ils réellement ?
Dans mon article, j'ai présenté une objection faite par Bruce Maccabee sur l'estimation de la distance des ovnis faite par Arnold. Celui-ci signale dans sa déposition écrite (qu'on trouve dans les archives de la commission « Livre Bleu ») qu'il les vit disparaître derrière une montagne proche du mont Rainier (les photos illustrant mon article montrent qu'il y en a en effet), ce qui permet à Maccabee de mettre en doute l'estimation de distance d'Arnold : ils étaient sans doute beaucoup plus proches du mont Rainier, dans une fourchette de 32 à 35 km, et donc leur taille devait être plus importante.
Voyons la question la plus délicate, soulevée par Max Sinquini : même si Arnold avait une bonne acuité visuelle (ce qui est probable car il était un jeune pilote), pouvait-il voir un DC-4 à une telle distance ? J'en ai discuté avec Sinquini et j'ai compris que mon article était imprécis : on pouvait comprendre par erreur que Arnold croyait avoir vu le quadrimoteur à plus de 20 miles, ce qui est en effet peu crédible. Mais Arnold parlait de 15 miles. Peut-on distinguer un DC-4 à une distance de 24 km (15 miles), y compris ses quatre moteurs, dans des conditions favorables : par beau temps et à 2 800 m d'altitude?
Les dimensions du DC-4 sont de 117 pieds d'envergure (35,6 m), et 94 pieds de longueur (28,6 m). Maccabee suppose que la distance entre les deux moteurs externes devait être de 60 pieds environ (18 m). (Note : selon Joël Mesnard, les distances exactes sont respectivement 35,8 m et 16,1 m). L'angle formé par une longueur de 60 pieds vue à une distance de 15 miles est donnée par une formule simple, explique Maccabee (je remercie Joël Mesnard d'avoir fait lui même, à ma demande, le calcul sur une table de restaurant parisien !). La formule consiste à assimiler la longueur de l'objet à un petit arc de cercle, ce qui simplifie le calcul. Elle donne, appliquée en pieds (1 mile = 5280 pieds) :
60/(15x5280) = 0,00076 radian, soit environ 2,6 minutes d'arc (1 degré = 60 minutes = 0,0174 radian). Or l'acuité visuelle admise en laboratoire pour un bon sujet est d'environ 1 minute d'arc. J'ai vérifié cela en consultant l'Encyclopédie médico-chirurgicale, Ophtalmologie volume 1, de J.-P. Menu et CH. Corbe. Dans certaines conditions, l'acuité peut même être bien plus grande. Selon Helmotz, elle est fortement accrue dans certaines conditions :« un trait noir sur fond blanc, quelle que soit sa longueur, est perçu à partir d'une dimension angulaire d'une demi-seconde d'arc ».
On voit donc que, vraisemblablement, Arnold avait pu distinguer le DC-4 à cette distance supposée d'environ 15 miles. Il est également plausible que Arnold ait vu ces ovnis passant dans les parages du mont Rainier, à environ 20 miles (32 km), avec une dimension angulaire équivalente. Si l'hypothèse de distance de 20 miles est la bonne, on peut même en déduire leur longueur. Maccabee propose de faire le même calcul pour cette distance et avec le même angle de 0,00076 radian. Le calcul donne : (20x5280)x0,00075 = 80 pieds, soit environ 24 m de longueur pour les ovnis.
Disons maintenant un mot sur l'explication par les pélicans, qui a été mise en avant depuis quelque temps par le Britannique très sceptique James Easton. Celui-ci a prétendu qu'Arnold avait vu passer devant lui un vol de pélicans sauvages. Un débat fleuve s'est déroulé sur internet à ce sujet (sur le forum « UFO Updates »), au cours duquel de nombreux arguments, formulés encore une fois par Maccabee mais aussi par d'autres chercheurs, ont permis d'écarter totalement cette hypothèse. Au point que l'on plaisante volontiers maintenant sur ce qu'on appelle l'ufologie « pélicaniste » chaque fois que surgit une explication particulièrement tirée par les cheveux. Pour ceux que cela intéresse, on peut lire tout ce débat sur les archives de la liste UFO Updates (http://www.virtuallystrange.net/ufo/updates.
Je cite juste deux arguments à l'encontre de cette théorie des pélicans. Pour mieux voir les ovnis, Arnold avait viré à 90 degrés de manière à être parallèle à leur course. Or les ovnis l'avaient rapidement distancé. Selon Maccabee, son avion volait à 100 mph (160 km/h). On n'a jamais vu des pélicans, même à tire d'aile, voler aussi vite ! Un autre argument très simple est que, dès le départ, Arnold avait été surpris par un éclair lumineux qui avait attiré son attention sur les ovnis. Il avait compris que c'était la lumière du soleil qui lui était renvoyée par leur surface très polie, alors qu'ils se déplaçaient en ondulant. Impossible avec des pélicans : ils ne peuvent réfléchir la lumière comme des miroirs.

Kenneth Arnold face aux sceptiques







































