Owen put constater que sous les coups de machettes des pécheurs les chairs étaient rouges comme de la viande de bovin. La tête avait quelques ressemblances avec celle de certains cétacés notamment les dauphins, mais armée de mâchoires longues de 50 centimètres et pourvue de 40 dents de forme coniques et toutes semblables. Les yeux quant à eux étaient petits et marron foncé. À la différence des cétacés, les narines n'étaient pas placées à la base du crâne, mais bien en bout de mâchoire supérieure. Il est regrettable que Mr Burnham n'ai pas eu le réflexe de récupérer ne serais ce qu'une vertèbre une fois l'animal dépecé, ni d'interroger les pêcheurs s'ils avaient déjà vu ou entendu parler de ce type de créature (peut être ne parlaient ils que leur dialecte.)
Trois ans plus tard, Owen Burnham rentrant au Royaume-Uni, fit paraître un article sur la créature dans le numéro de mai 1986 du Magazine BBC WILDLIFE, où il décrivait précisément l'animal et demandait l'aide des zoologistes pour l'identifier. Malheureusement, personne ne s'y intéressa, la communauté scientifique à de rares exceptions est fort frileuse de plus, les conséquences professionnelles de telles recherches ayant de quoi refroidir les moins timorés (appelons cela le syndrome Darwin… qui lui n'y céda pas !) et ce cas fut oublié au fond des tiroirs comme tant d'autres… Mais un cryptozoologiste et zoologiste anglais de renom Karl Shuker s'intéressa au mystère de cette étrange carcasse et publia un double article dans la revue " The Unknown " (numéros de septembre et octobre 1986). C'est à lui que nous devons le surnom de « Gambo », il s'attacha à identifier à quelle espèce zoologique pouvait appartenir l'animal en se basant sur les notes d'observation de Burnham.
Il procéda par élimination en commençant par les familles connues de la zoologie actuelle : il élimina les amphibiens et les poissons, l'animal possédant des palettes natatoires sans griffes ni doigts. Les 80 dents identiques éliminèrent les mammifères qui n'en possèdent qu'une quarantaine au maximum et en aucuns cas toutes similaires. Pour la famille des cétacés et des siréniens même verdict car Gambo ne possède pas de queue large et aplatie. La forme de l'animal s'apparentant à celle des crocodiliens actuels, ceux-ci furent aussi écartés, car il ne possède pas de peau écailleuse ni de pattes (4 palettes natatoires). Force était d'en conclure que la créature était totalement inconnue de la zoologie.
En désespoir de cause, le Dr Shuker appliqua la même démarche avec des espèces considérées comme éteintes. Il commença par les Archéocetes qui sont des cétacés primitifs, mais ceux-ci bien que d'une allure fort similaire, ne possèdent que deux palettes natatoires et ont une nageoire caudale horizontale. De plus, les narines chez les archéocetes se situent très proche des yeux ce qui est l'inverse de Gambo. Finalement, le Dr Shuker opta pour le pliosaure de la même famille que le plésiosaure mais avec un cou presque inexistant. Seul problème le pliosaure est supposé disparu depuis près de 65 millions d'années…
Complément d'information:
Références:
Magazine BBC WILDLIFE, Mai 1986
In search of Gambo. Animals & Men, Anon. 1997. 14, 11-13.
The Gambian sea-serpent. Shuker.The Unknown, Septembre 1986, Pp 49-53.
The 2006 Gambia Expedition , CFZ juillet 2006.

GAMBO, LA CREATURE DE SENEGAMBIE





































