Cet hominidé, baptisé Australopithecus sediba, présente des traits des deux lignées.
Les fossiles, une femelle adulte et un mâle de huit ou neuf ans, "nous donnent une vision extraordinairement détaillée d'un nouveau chapitre de l'évolution humaine et ouvrent la porte sur une période cruciale où les hominidés ont cessé d'être dépendants de la vie dans les arbres pour vivre sur le sol", a déclaré le principal auteur de la recherche, Lee Berger, de l'université de Witwatersrand à Johannesbourg. "L'Australopithecus sediba présente une mosaïque de caractéristiques qui en font un animal à l'aise dans les deux mondes", ajoute-t-il.
Les deux fossiles, bien conservés, ont été mis au jour dans une caverne proche de Johannesbourg. Les hominidés vivaient un million d'années après "Lucy", la plus célèbre des Australopithèques: ils datent de 1,78 à 1,95 million d'années.
Selon M. Berger, leurs caractéristiques suggèrent que l'évolution des espèces les plus anciennes vers le genre Homo s'est déroulée très lentement.
"Nous pouvons conclure que cette nouvelle espèce partage davantage de traits dérivés avec les premiers Homo que n'importe quelle autre espèce australopithèque et représente donc un candidat ancêtre du genre Homo ou un groupe soeur d'un ancêtre proche qui a survécu un certain temps après la première apparition du genre Homo", souligne le scientifique. Mais, précise-t-il, il ne s'agit pas encore d'un Homo.
L'Australopithecus sediba pourrait être une sorte de clé permettant de pénétrer les secrets du développement du genre humain, selon Lee Berger.
Cet hominidé possédait un os iliaque (du bassin) avancé et de longues jambes lui permettant de courir comme les hommes, mais de longs bras et des mains puissantes similaires à celles d'un singe. Tant le mâle que l'adulte découverts mesuraient 1,27 mètre. La femelle pesait environ 33 kilogrammes, contre 27 kilos pour le jeune.
"Le volume du cerveau du jeune était compris entre 420 et 450 centimètres cubes, ce qui est petit, mais la forme du cerveau semble être plus évoluée que celle des Australopithèques", selon les chercheurs. Un cerveau humain fait lui de 1.200 à 1.600 cm3.
Ainsi, bien que les fossiles partagent des traits des deux genres, les scientifiques les ont classés provisoirement parmi les Australopithèques, en raison de la forme de la partie supérieure de leur corps et de la taille de leur cerveau.
Source: Journal Le Devoir (Montréal)-- 8 avril 2010