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Rennes le chateau

De «Da Vinci Code à Rennes-le-Château»: Jean Luc Robin, écrivain et aubergiste


Mardi 10 Mars 2009
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à la mémoire du regretté Jean Luc Robin décédé dans la nuit du 11 au 12 Mars 2008, MF.


De «Da Vinci Code à Rennes-le-Château»: Jean Luc Robin, écrivain et aubergiste
Depuis sa sortie littéraire et cinématographique, le «Da Vinci Code» n’en finit pas d’attirer les visiteurs, la presse et les télévisions de France et de l’étranger à Rennes-le-Château.

Et dans ce petit village audois, devenu célèbre grâce à la fortune mystérieuse et encore inexpliquée de son curé Béranger Saunière au détour du début du XX éme siècle, les langues vont bon train quant à l’origine de ces richesses: ceux que l’on nomme «les chercheurs» sont passés par toutes les spéculations possibles allant du trésor de Blanche de Castille à celui des Cathares, des Templiers et même des Wisigoths pour désormais se tourner vers des théories mystico-historiques dignes autant de faits vraisemblables que de spéculations toutes aussi farfelues les unes que les autres.

Au milieu de ce carpharnaüm s’élève une voix différente: celle de Jean Luc Robin, écrivain et gérant de «La Table de l’Abbé» à Rennes-le-Château.
Il faut dire que tout son parcours personnel l’avait étrangement conduit en ces lieux.

Entre 7 et 12 ans, il passe son enfance à Carcassonne lorsqu’éclate «l’affaire du curé aux milliards»: son père emmène la famille à Rennes-le-Château et se passionne pour le sujet. Il grattera alors la terre à l’ombre de la Tour Magdala.

Plus tard, ses études de lettres et de droit le mènent au métier d’antiquaire en Auvergne pendant 10 ans.
Les affaires commençant à décliner, il se reconvertit en restaurateur au cœur du Périgord avant de partir s’installer sur l’Ile de Jersey où il monte un restaurant qui se verra classé en première étoile du Guide Michelin en 2 ans!

Il y reçoit toute le jet set anglaise.
Mais un tel train de travail l’incite à arrêter: retour en France, se préfère alors salarié dans de grandes maisons.

Mais décidément le goût de l’indépendance habite Jean Luc Robin qui arrive en train à Carcassonne, trouve un restaurant à reprendre et ce dernier n’étant libre qu’en septembre, il cherche un job d’été et se retrouve… à Rennes-le-Château, dans le domaine de l’Abbé!

Clin d’œil du destin: la boucle est refermée.
Nous sommes en 1995. Il devient gérant des lieux et entre en contact avec Antoine Captier et son épouse Claire Corbu, dont le père avait été propriétaire du domaine de 1947 à 1967.
Ils lui confient alors l’héritage de l’abbé: le journal du prêtre, ses meubles et objets personnels, ceci dans le but de créer un musée.

La vie pendant 4 années dans le domaine, l’étude précise des archives de l’Abbé Saunière vont édifier chez Jean Luc Robin une forte opinion quant à l’affaire: il existe bel et bien un mystère autour de ce qui a été découvert mais nul doute que ce prêtre a été financé pour garder un secret.

C’est tout l’objet de son ouvrage: «Rennes-le-Château, Le secret de Saunière», paru aux éditions Sud Ouest en 2005.
C’est Le livre qu’il fallait écrire sur Rennes-le-Château: il s’agit d’une véritable enquête rigoureusement menée à partir d’expériences personnelles, de témoignages directs, de déductions logiques et d’études d’archives authentiques.

Authentiques apparaît ici comme un élément essentiel car nombre d’hypothèses actuelles sont échafaudées à partir de faux plus ou moins brillamment reconstitués.

«Je tiens ma légitimité d’avoir vécu dans sa maison, de m’être imprégné de son histoire, d’avoir lu ses comptes et ses lettres. J’ai quasiment chaussé ses pantoufles», dit Jean Luc Robin.

Et ce qu’il découvre est édifiant et truffé de mystère.
A partir du jour où l’abbé découvre ce quelque chose qui le rend riche, sa vie bascule: il se met à boire, ne participe plus à aucune fête villageoise.
Il donne l’impression de porter un secret trop lourd.

D’autre part, il part régulièrement quelques jours ; en fait, il va dans une banque à Budapest, capitale des Habsbourg et en revient avec de grosses sommes d’argent.
Jean Paul II canonise Charles 1er, le dernier Habsbourg régnant, exilé et mort à Madère, fort partisan de la paix en 1914.

Pourtant aucun miracle n’a été reconnu.
Aurait-il ainsi été remercié d’avoir gardé le secret qui la lierait à une éventuelle descendance du Christ et de Marie Madeleine?

Actuellement, Otto de Habsbourg est un des membres les plus protégés de l’Opus Dei.
De curieuses coïncidences viennent jalonner ce véritable polar de l’histoire locale.
Le livre de Jean Luc Robin, passionnant, dévoile au fil des pages de superbes illustrations et photographies, interroge les documents, pose les hypothèses, construit une démonstration rationnelle sans jamais soulever le voile de ce qui constitue l’un des mystères les plus étonnants du monde moderne.

Le second livre écrit par Jean Luc Robin: «Rennes-le-Château, Mon village à l’heure du Da Vinci», reste également passionnant de bout en bout.

Il précise des éléments troublants sur la vie de Béranger Saunière: «Une chose est certaine : l’abbé Saunière a eu accès à des informations qui l’ont ébranlé. On remarque qu’à partir du moment où il fait ses découvertes, son écriture change, il se met à boire, il ne participe plus aux fêtes du villages, il s’enferme, il a peur ses deux meilleurs amis sont morts dans des circonstances violentes et mystérieuses.
Sa maison est truffée de minuscules fenêtres de 15 cm sur 15 permettant une surveillance de l’extérieur même les volets fermés.»

Le livre lève ainsi le voile sur bien des points rendus «ésotériques» par le livre de Dan Brown alors que la logique s’impose par l’observation même des faits et des archives. L’abbé fut accusé de trafics de messes: sa fortune se serait établie sur plus de 100 000 messes!

Or, elles étaient commandées par des couvents du nord de la France par «paquets de 100 ou de 300» !
Ce qui amène Jean Luc Robin à envisager un blanchiment d’argent.

Son livre pose les questions et y répond clairement tout en laissant à chacun sa part de rêve.

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